Par Alain Vollerin (Mémoire des Arts)

Près de 1200 personnes ont participé à la soirée inaugurale, de belle facture. Pourquoi fallait-il que ce soit un socialiste qui remplisse à merveille cette mission aux côtés de Simone, Charles et Myriam Couty ?…

Peut-être, parce que Jean Couty, descripteur des terrassiers en action, des maçons, des paysans dans l’effort, des hommes des chantiers à la peine, fut soutenu par de hautes personnalités de la presse socialiste et communiste, comme Jean Rollin. Près de 1200 personnes ont convergé pour l’inauguration alors que les organisateurs en attendaient 600. Pendant les discours, Charles Couty fit la démonstration de son expérience, et de sa détermination. Il fut beaucoup question de la desserte du musée Jean Couty par le Vaporetto (version locale des barges vénitiennes), d’abord évoquée par Charles Couty, puis par Christophe Guilloteau, et enfin, dans la réponse de Gérard Collomb qui ne retrancha rien de ses promesses, mais trouva selon son habitude, des éléments de réponse de politicien expérimenté, en citant les noms des sponsors privés, mettant ainsi en évidence les raisons de la limitation de la hausse des impôts, pour les contribuables lyonnais. Bien joué.

Cette altercation à fleurets mouchetés commença par une réplique tranchante de Gérard Collomb au président du Département qui ironisa plaisamment sur l’affaire du Musée des Confluences. Notre Gégé se disant surpris de l’intérêt soudain que Christophe Cuilloteau manifestait envers les musées et la peinture lyonnaise. A cet égard, je me permets de signaler que Gérard Collomb fait une erreur. Christophe Guilloteau répond toujours présent aux invitations de Michel Régnier, à Vourles, où furent célébrés Jean Fusaro présent avec son épouse Jacky ; le regretté André Cottavoz, représenté par son épouse Hélène, et Jacques Truphémus, magnifique dans un costume neuf que ne rejetterait pas François Fillon. Président de l’association du Musée Jean Couty, son neveu Edouard Couty, en puisant à de bonnes sources, fit le point sur une destinée stupéfiante et exemplaire. Il insista beaucoup sur sa volonté de rendre hommage à la jeunesse, dans le futur programme des expositions du Musée Jean Couty. Je crois que c’est une erreur, et surtout, que cela ne veut rien dire. Il y a des siècles qu’on veut rendre hommage à la jeunesse. Les membres du groupe Ziniar le firent en soutenant les Nouveaux, en 1931 : Marc Aynard, Jean-Albert Carlotti, Pierre Pelloux, René Chancrin, Henri Vieilly, etc… Mais, peut-être est-il porté par son esprit « humaniste ». Jean Couty était gaulliste, c’est encore autre chose !


Le maire du 9e, Hubert Julien-Laferrière n’a pas progressé ces dernières années. Il demeure totalement amphigourique. Au point que dans le milieu lyonnais, on l’a surnommé « Mange-Mots ». Il ne peut aller au bout d’une phrase, sans bafouiller. Une sorte de Pierre Repp (célèbre bafouilleur télévisuel des années soixante) vaisois ! Nous vîmes aussi Georges Képénékian l’ex-découpeur de quéquettes. Il n’a rien à dire en matière de culture, alors il se tait. Bravo ! Belle discipline ! Laurent Wauquiez brilla par son absence, autant que sa vice-présidente à la Culture, Florence Verney-Carron, comme son mari. Cette inauguration historique était une occasion, totalement manquée, par Laurent Wauquiez de prouver son intérêt pour Lyon et sa culture. Dommage ! J’ai connu Gérard Collomb, rétif à l’idée de constituer un Musée pour la peinture lyonnaise. Il jugeait alors l’initiative inutile. Charles Couty l’a fait changer d’opinion. Il n’y a que les socialistes qui sont toujours des imbéciles qui ne changent pas d’avis. D’ailleurs, Gérard Collomb n’est plus socialiste. Il est macronniste et donc illusionniste.

Dans ce genre de circonstances, on voit réapparaitre des êtres qu’on croyait à jamais disparus : Alain Lovato le président de la Mapra ; Marc de Michelis installé dans l’ombre de l’actualité ; Jean-Louis Touraine et Michèle Caussin-Bellon qui passent toujours leur temps à s’éviter (on se demande bien pourquoi) ; Gilbert Pécoud, discret emprunteur des soleils de Jean Couty ; le plumitif GB à l’aise dans son repoussoir ; Patrice Béghain qui ne sait plus comment appartenir encore à l’univers de la peinture lyonnaise ; Sandrine Montagnier, militante de la peinture lyonnaise au musée d’Allard à Montbrison ; Patrice Rouget, inlassablement perdu dans ses souvenirs, à l’époque où la politique locale était aux mains de Camille Vallin et de Louis Pradel ; Patrice Giorda qui n’aura jamais son musée ; Alain Chevrette, éternel suiveur de Jacques Truphémus ; le professeur Paul Trouillas, collectionneur de chefs d’œuvre et de quelques bonnes toiles de Jean Couty ; Favrène, passé du métier d’employé du Pari Mutuel Urbain à celui de peintre influencé par Fernand Léger, etc…


J’étais heureux de revoir Bruno Voisin, ami rencontré en 1967, avec lequel nous franchissions les barricades et qui prépare un ouvrage sur Saint Rambert et ses artistes. Quel bonheur de retrouver Alain et Dominique Vavro, auteurs du premier livre sérieux sur Jean Couty. Ils nous apportèrent de bonnes nouvelles de la santé de Paul Bocuse immortalisé par JC. Parmi les critiques d’art, Lydia Harambourg de la Gazette de Drouot qui, si nous avons bien compris, rencontra une fois Jean Couty, à la galerie Katia Granoff, de quoi faire du bon fromage médiatique et beaucoup de mousse. Le collectionneur Bernard Copeau et son épouse, accompagnaient Michel Régnier, adjoint à la culture de Vourles. On pouvait discuter librement avec Emmanuel Hamelin seul représentant officiel de la Direction des Arts plastiques. Signalons la présence d’une petite souris souriante, Sylvie Ramond qui fit beaucoup ces derniers temps pour l’aventure des Arts plastiques à Lyon. Un vaste merci ! Nous avons eu plaisir à retrouver le banquier Pascal Pétris du LCL, avec lequel, nous avions rempli le siège historique du Crédit Lyonnais, rue Impériale, pour un hommage à Jean Couty et à Lyon.

Nous avons regretté l’absence de Jean-Albert Deroudille, généreux donateur d’un autoportrait fauviste de Jean Couty, hérité de son père le critique d’art René Deroudille. Il était représenté par son frère, Régis Deroudille. Il faut encore féliciter Simone, Charles et Myriam Couty pour cette inauguration parfaitement réussie, où, la foule se pressait dans une reconnaissance incontestée du talent de Jean Couty. Le glorieux voisin Philippe Jocteur offrit généreusement ses délicieuses tartes à la praline et de moelleuses brioches. La générosité était à l’honneur puisque Franck Hernandez fit don de virginales compositions florales. Nos compliments au célèbre Jean-Paul Pignol, qui accumule les performances après le dîner des chefs. Il a réussi à nourrir ici, sous l’immense chapiteau, plus d’un millier de bouches avides qui réclamaient aussi d’être rafraîchies au Champagne. Un succès complet, qui suscite l’espoir pour l’avenir de cette nouvelle institution lyonnaise, désormais aussi incontournable, que le Musée des beaux-arts et le Mac de Lyon…

Vendredi 17 mars 2017

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