02.jpg L’architecture extérieure réalisée par Morice Leroux dans les années 30 a été respectée et réinterprétée – Photos © Saby Maviel

 

Par Jean-Alain Fontlupt et Marc Polisson

 

Une facture de 33 millions d’euros pour un résultat bluffant. Si la rénovation du TNP est donc un succès, on ne pourra en dire autant de son inauguration. A l’exception du ministre de la Culture, aucun grand nom de la scène française ne s’est déplacé.

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Ce n’est pas un hasard si, à Villeurbanne, le TNP a rouvert ses portes et dévoilé ses nouveaux bâtiments au public le 11/11/11. Au-delà d’une éventuelle symbolique du chiffre triplé, c’est bien une vraie date anniversaire qui est célébrée ce jour-là : l’inauguration du Théâtre National Populaire au Palais du Trocadéro à Paris le 11 novembre 1920… Acte fondateur d’un lieu dédié au théâtre qui deviendra en 1935 Palais de Chaillot avant un retour au sigle TNP en 1951 sous l’impulsion passionnée de Jean Vilar à qui succédera Georges Wilson. En 1972, son transfert à Villeurbanne au Théâtre de la Cité, créé par Roger Planchon, sera porté par la généreuse idée de décentralisation… A la tête de ce qu’il faut bien appeler une « Institution », se succèderont des directeurs metteurs en scène aussi prestigieux que Patrice Chéreau, Georges Lavaudant et depuis 2002 Christian Schiaretti. La rénovation de l’ensemble du lieu, entreprise en mai 2008 trouve donc son épilogue en cet automne 2011 pour que le théâtre public continue de défendre « les dimensions du répertoire comme celles de la création » ainsi que le souligne son actuel directeur.

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Sur 15 000 m2, les bâtiments restaurés, repensés, « modernisés » par le cabinet d’architecture Fabre/Speller et l’architecte Massimo Scheurer de l’agence Arassociati (Milan) pour accueillir créateurs, artistes, techniciens et publics dans des conditions optimum de travail et de confort, englobent la grande salle mythique – sur le plateau de laquelle ont évolué les plus grands noms du théâtre – qui garde sa forme initiale de « coquille Saint Jacques » et répartit ses 667 places en rangées continues, le petit théâtre qui compte lui 252 places, 4 salles de répétition (dont 3 pouvant accueillir du public) et 1 brasserie-cabaret qui, grâce à Frédéric Berthod, Christophe Marguin et Mathieu Viannay « fera coexister l’excellence artistique et l’excellence culinaire » dès janvier. Pour fêter l’événement et ouvrir la saison, Schiaretti a eu l’excellente idée de monter « Ruy Blas », une des plus belles pièces de Victor Hugo qui inspira pourtant au cinéma la désopilante « Folie des grandeurs » (Montand et de Funès). Sur les planches, Robin Renucci en Don Salluste, Jérôme Kircher en Don César, Nicolas Gonzales est Ruy Blas « ver de terre amoureux d’une étoile » qui n’est autre que la Reine incarnée par la jeune Juliette Rizoud. JAF

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Un désert inaugural

Beaucoup de gens mais peu de monde, le soir de l’inauguration. Dans la grande salle, deux ministres Frédéric Mitterrand (qui a flashé sur Frédéric Berthod) et Michel Mercier) entourés de Jean-Jack Queyranne (qui s’y croit déjà), Jean-Paul Bret, Jean-Jacques Pignard et Gérard Collomb, venus voir où était passé l’argent du contribuable. La rénovation du TNP – d’un coût de 32,8 millions d’euros HT – a en effet été soutenue par le Grand Lyon, le Ministère de la Culture, la Ville de Villeurbanne, la région Rhône-Alpes et le Département du Rhône. Nous avons également pu croiser Denis Trouxe, président de l’Office de Tourisme, Laurent Duc, son homologue à l’UMIH, le député Pascale Crozon (à qui Najat voulait piquer son siège), plusieurs adjoints du maire de Lyon (dont Georges Képénékian et Gilles Buna) et ceux de Jean-Paul Bret. Grand démocrate devant l’Eternel, le maire PS de Villeurbanne avait pris grand soin de placer les ténors de son opposition (Henry Chabert et Richard Morales) dans un recoin du poulailler «  admirablement bien situé  » en haut de la salle. «  C’est le coin des punis !  » rigole jaune l’ancien premier adjoint de Michel Noir, dont la traversée du désert s’éternise. A propos de désert, notre confrère François-Nicolas d’Alincourt et moi-même nous étonnons de l’absence de grands noms du théâtre ou de la comédie. «  Si, si, ils sont là mais vous ne les connaissez pas !  » minaude l’attachée de presse, un tantinet gênée aux entournures, mais ravie de pointer du doigt nos lacunes en la matière. Peu importe, à défaut de shooter du people, nous avons choisi de vous présenter les nouveaux visages du TNP (ravis de notre initiative…) MP

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La projection diapos, c’est maintenant !




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