Par Morgan Couturier et Franck Girardet

L’OL avait pris une sérieuse option sur la victoire et la qualification en menant de deux buts à la mi-temps face aux Allemands d’Hoffenheim, puis il s’est sabordé tout seul, concédant le nul en toute fin de match (2-2), alors qu’il était en supériorité numérique.

Se saborder quand le bonheur nous tend les bras… Ce mal est-il français ou simplement lyonnais ? Toujours est-il qu’au soir de cette 4e journée de Ligue des Champions, un sentiment de gâchis était palpable dans les travées d’un Groupama Stadium passé par toutes les émotions, de la perspective d’une qualification, caressée de la paume de la main, à la déception d’une rencontre bouclée sur un triste match nul.

N’en déplaise à notre ami Barth Ruzza, l’OL n’est donc pas toujours une formidable raison d’être heureux. Il l’a été pendant 45 minutes, voire une heure lorsque les dieux du foot ont décidé de tout lui accorder, à savoir un but, inscrit au plus fort de la domination allemande, signé Nabil Fékir (19e) ou sur un contre plus que favorable, accordé à ce monstre de Tanguy Ndombélé pour le 2 – 0 (28e). Seulement voilà, les divinités sont capricieuses et la bande de Bruno Génésio déroutante, trop sûre d’elle ou en manque flagrant de confiance, comme a bien voulu l’énoncer le président JMA.


Lucas Tousart : « On s’est peut-être vu un peu trop beau »

 Quoiqu’il en soit, l’histoire est ainsi faite, à l’heure de faire les comptes, avec un scénario aux antipodes du premier acte, lors d’une deuxième mi-temps marquée cette fois par un florilège d’occasions manquées, par Fékir (54e), Mendy (61e, 91e) ou Depay (77e, 81e). La conclusion fut alors inévitable et symptomatique de cet OL millésime 2018 : une égalisation au fin fond du temps additionnel, à 11 contre 10 contre une équipe dont même l’entraîneur ne souhaitait narrer la pauvreté, quelques instants après, en conférence de presse.

A l’heure des vendanges, la récolte demeure donc bien maigre pour les Lyonnais, avec ce minuscule pécule ajouté dans leur besace. A défaut d’avoir les mots pour expliquer ce gâchis, les maux sont eux profonds. La défense aura encore trop souvent confirmé son laxisme actuel pour garder sa cage inviolée. Kramaric (65e) et Kaderabek (92e) en ont profité, glaçant un stade qui se voyait déjà charrier ses amis parisiens. « On peut s’en prendre qu’à nous-même » a osé glisser Lucas Tousart. La qualification attendra. Celle-ci n’est pas en péril. Mais à Lyon plus qu’ailleurs, les mauvaises surprises ont tendance à se répéter inlassablement ces derniers temps.

 Mercredi 7 novembre 2018