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Par Alain Vollerin

 

Lyon consacre une journée au 20e anniversaire de la mort du peintre Jean Couty, depuis l’inauguration d’un espace aquatique dédié à son souvenir à la Confluence, jusqu’à la présentation du livre publié par Cercle d’Art, dans les grands salons de l’Hôtel de Ville. L’adjoint à la Culture était aux abonnés absents.

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A la Confluence, temps humide autour du jardin aquatique Jean Couty. La veille, il pleuvait pour le plus grand bonheur des jardiniers et des viticulteurs. Au matin de ce vendredi honorifique, un triste soleil ne parvenait pas à percer une légère grisaille. Si présent, dans les toiles de Jean Couty, lui aussi était en berne. Certains camarades prévoyants, nous avaient alertés. Comme vous inaugurez un jardin aquatique, prévoyez les palmes et le tuba. Nous fûmes accueillis par des canards, des colverts récemment invités dans ce marécage étudié par Georges Descombes, paysagiste suisse, utilisateur en abondance de nénuphars, et ajoncs divers qui font ressembler la Confluence à la Camargue. Pourquoi pas, me direz-vous ? Où je suis plus inquiet, c’est à propos du bassin lui-même qui cerne la nouvelle place Jean Couty (1907-1991) avec ses allures de boulevard moscovite. Mais, je reviendrai à cette légitime préoccupation. Des tentes avaient été dressées. C’est notre côté bédouins contemporains. Gégé et ses copains du Conseil municipal sont peut-être nostalgiques du Moyen-Orient. Allez savoir. La révolution tunisienne a ses émules, malgré l’arrivée des barbus.

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On voyait se presser autour du micro les adjoints concernés. Gilles Buna, conquis par le style rad-soces, préposé à l’urbanisme, qui n’ignore rien désormais du développement des plantes grasses et des herbes vivaces, mais doit beaucoup apprendre de l’histoire de l’art à Lyon. Je vis avec joie Simone Couty, veuve de notre regretté Jean, Charles son fils et sa toujours souriante épouse Myriam, Edouard Couty, haute personnalité de l’Administration Nationale et président de l’Association des Amis de Jean Couty qui devait prendre la parole, Jean-Louis Touraine, et à deux pas de lui, la pastelliste floue Michèle Caussin-Bellon. Cet événement émouvant allait-il reconstituer d’anciennes unions ? Edouard Couty fut impérial. Il trouva les mots justes pour tout nous dire de la sensibilité, de l’originalité, en fait du parcours de Jean Couty. Difficile ensuite d’être le second orateur. Le maire du 2ème arrondissement, Denis Broliquier n’hésita pas à regretter publiquement, et sèchement l’absence de toute concertation de la part de Gégé et ses services. Puis, il sut dire les mérites picturaux du peintre de l’île Barbe et ses eaux glauques. Ensuite, vint le tour de Gilles Buna qui, depuis qu’il inaugure les jardins aquatiques, n’a pas peur de se mouiller. Il nous en fit la démonstration avec courage. Quand on veut être très flatteur, on commet des erreurs. Jean Couty ne fut pas le seul Lyonnais à exposer à Paris. Ils furent nombreux avant, avec, et après lui de Pierre Combet-Descombes à Antoine Chartres, sans oublier les expositions soutenues par René Deroudille au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

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Pendant qu’un public captif commençait à battre la semelle pour trouver du réconfort, Jean-Louis Touraine s’approcha du micro. Prendre le micro est pour lui un geste aisé, le rendre une mission impossible, comme pour beaucoup d’élus de cette municipalité bavarde. De suite, il confirma une de nos convictions établissant que pour les adjoints de Gégé et à son exemple, l’onctuosité verbale est la vertu la mieux partagée. Pour les gestes, c’est autre chose. Touraine peinait à retrouver l’onirisme de Jean Couty. Pour combler ses lacunes, il employa l’adjectif puissant à tour de bras. Si, je savais que les hommes politiques volaient parfois très bas, j’ai appris là-bas que les chauves-souris se déplaçaient en plein jour. Si, vous voyez le rapport… On procéda ensuite à la découverte de la plaque officielle en présence de Thierry Roland, nouvel animateur de la radio Hit & Sport qui se nomme maintenant Tonic Radio . Excellente idée. La dernière fois que j’avais parlé à Thierry Roland, c’était à la Fiac à Paris où, son épouse l’avait entraîné. Depuis, il s’est réconcilié avec Jean-Michel Larqué. «  Une brouille en 26 ans d’amitié , me dit-il, bien des couples peuvent nous envier  ». Un lunch servi par La Tassée de Jean-Paul Borgeot fut servi, accompagné par un Régnié, beaujolais méconnu, mais de qualité.

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Dans la foule, on reconnaissait Alain et Dominique Vavro, le docteur Alain Girin collectionneur des œuvres de David Girin, Michel Reignier adjoint à la Culture de Vourles qui a réussi une remarquable rétrospective de Jean Fusaro, et prépare un événement comparable autour de Jean Couty, Michel Rambert, priseur Artcurialisé qui vient d’achever la dispersion de la collection d’André Mure, Régis Neyret, toujours ensommeillé, Béatrice Perrod-Bonnamour dont le père le défunt bâtonnier Pierre-Antoine Perrod me disait un jour : «  Jean Couty, c’est un petit qui a le sens de la grandeur  ». On s’apprête à honorer son souvenir. Tant mieux. Jacques Convert, le comptable zélé toujours les mains dans le dos. Le député Michel Havard très à l’aise dans sa circonscription, Marc Fraysse qui cherche toujours la sienne. Présente aussi la direction de LCL représentée par Georges Sebile et Sandra Vanelle. Le sculpteur Alain Lovato représentait la Mapra. Bena, admiratrice de Zao Wou-Ki, ses propres intérêts. Christophe Mahé absent pour cause de vacances chez Mickey. Patrice Ronchon ne parvenait pas à juguler sa colère contre Marc Fraysse. Serait-il conforme à son patronyme ? Jean-Christophe Larose souriait malgré l’agression médiatique qu’il vient de subir.

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Parmi les hommes de radio, Laurent Chabbat heureux de partager cet exceptionnel moment avec son complice Charles Couty, Bernard Lenk ancien propriétaire d’ Impact FM , et Gérald Bouchon qui aurait pu flotter sur la mare aux côtés d’un pêcheur égaré, mais professionnel des bords de Saône, Gérard Changarnier. Celui-ci m’a révélé une immense couillonnade. La municipalité de Gégé vient d’acheter à grands frais des brochets, des sandres, des tanches, des carpes, tous voraces poissons d’eaux douces. Mais sottise abyssale, digne des incommensurables aberrations écologistes de l’adjoint à l’Urbanisme et de son conseiller le fameux paysagiste Georges Descombes, on a approvisionné le bassin en silures. A l’heure où, j’écris un drame nautique est en train de se jouer. Des centaines de poissons de toutes tailles payés à grand frais, se font dévorer par les monstrueux silures au célèbre et féroce appétit, sous les yeux exorbités des malheureux canards et canes qui serviront bientôt de repas à ces goinfres aquatiques. Au secours Gégé ! L’argent des contribuables est en péril, comme la vie de ces malheureuses bêtes.

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Le soir, nous étions conviés à l’Hôtel-de-Ville au milieu des ors et des fastes de la salle Justin Godard (faux auteur de la Plaisante Sagesse Lyonnaise, dont l’originalité de la rédaction revient à Emile Leroudier qui fut sous Edouard Herriot, adjoint à la Culture) pour la présentation de l’ouvrage publié par les éditions Cercle d’Art . Juste distinction pour Jean Couty dont l’œuvre dispose par cette initiative de la possibilité d’être perceptible à l’international. Nous félicitions l’éditeur Philippe Monsel, et sa collaboratrice Nadine Zimmermann. Nous revîmes certains protagonistes du matin. Oh! Splendides instants citadins, où on ressent la sensation de se connaître depuis toujours, et de ne plus devoir se quitter. Nous vîmes apparaître Bernard et Sylvie Copeau du Ban des Vendanges encore auréolés du prix Gnafron reçut des mains de Jean-Luc Dufflot, directeur régional de LCL.

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Sur l’estrade, à la façon d’un bateleur, Gégé prit la parole pour nous répéter ce qu’on avait entendu pendant la matinée aux bords de l’eau. Puis, l’auteur Lydia Harambourg de la Gazette Drouot prit la parole. Elle expliqua qu’elle n’avait vu Jean Couty qu’une fois, c’était en 1989, à la galerie de Katia Granoff où le maître exposait régulièrement depuis 1945. Comme certains devant Sainte-Bernadette à Lourdes, elle eut la révélation, ce qui lui donnait la compétence nécessaire pour écrire le livre. Mais, bien sûr… eut dit l’inspecteur Colombo. Evoquant Henri Focillon, elle oublia seulement de rappeler qu’il fut conservateur de notre musée. On sentait son affection pour Simone et Charles Couty. « Ma chère Simone ». « Je vous remercie Simone ». « Quel plaisir Simone ». Nous avions compris. Dame, les sentiments sont les sentiments. Respect.

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Encore plus de monde le soir que le matin. Sûrement pas pour la qualité des petits fours. Pendant les discours, Thierry Braillard avait comme toujours des problèmes de portable. En piste, Laurent Colin le régisseur affolé par la peinture de Jim Léon. Patrice Steffan qui vient de passer du statut de collectionneur à celui de galeriste. Bon courage ! Alice Gaillard, peintre exposé en ce moment avec Georges Darodes au Fort de Vaise bien représenté par Arlette Dissard, comme la maman de Marco de la paroisse de la Rédemption. René Perrin homme de pub, sorte de Séguéla lyonnais qui fut adjoint à la communication. Je vous parle d’un temps… Michel Nicolas, président de l’Association des Amis du Musée des beaux-arts de Lyon toujours irrité par l’attitude de Sylvie Ramond. Christian d’Aubarède avait changé d’époque. Dans sa chemise immaculée, ayant perdu son contrôle, il ressemblait à un jeune florentin de la Renaissance.

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Nous avions rendu ici même honneur à Jean Couty, lorsqu’Alain et Dominique Vavro publièrent le premier livre dédié à l’itinéraire de Jean Couty. Robert Proton de la Chapelle qui fut adjoint à la Culture était encore là. Jean Couty avait évoqué en regardant par la haute fenêtre les façades du musée, l’école des beaux-arts où il fut élève. Quel beau souvenir ! Couty vivant !… J’avais la sensation de participer à un remake, sans l’acteur principal. Il y avait aussi son fils Robert Proton de la Chapelle et son épouse très remontés contre l’exposition actuelle Michaud/Martin au musée. Jean Charvériat et son épouse qui fermeront les portes de leur galerie à la fin de l’année, victimes de la frénésie bradeuse des priseurs. Charles et Simone André inoxydables. Pierre Béal, gendre triomphant de Christian Lameloise patron de la Brasserie Georges et collectionneur éclairé. Marie-Thérèse Bourrat qui méritera un jour un semblable hommage. Georges Pignat animateur de Radio Canut, un vrai gone. Et même, un mexicain basané, Jeunesse Choghi. On a beaucoup évoqué dans les délirants discours le souvenir du journaliste crypto-communiste, Jean-Jacques Lerrant. Faut-il se presser de mourir pour accéder à une tonitruante postérité ?

 

En partant, fier du devoir accompli, et conscient d’avoir assisté à une journée historique, je croisais Marco Polisson accompagné d’Alexandre Mathieu jeune dandy de Marrakech People qui partaient dans la nuit naissante retrouver ce qu’ils considèrent comme la vraie vie.

 

La projection diapos, c’est maintenant !

 



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