Dans une interview au JDD en date du 7 octobre 2012, le sénateur-maire de Lyon donne une lecture sans concessions des premiers mois d’action de François Hollande et du gouvernement Ayrault à la tête du pays.

 

Gérard Collomb évoque « un problème de méthode  », en particulier sur les différents volets de la loi de finances 2013. « Je crois qu’il aurait mieux valu présenter un volet pour la compétitivité en même temps que le budget la semaine dernière, pour pouvoir montrer le même degré d’exigence en faveur de la croissance économique qu’en matière de réduction du déficit. » Le premier magistrat de la Ville déplore que le gouvernement soit si peu à l’initiative sur les questions de compétitivité, attendant la remise du rapport Gallois et la fin des négociations entre patronat et syndicats pour agir.

 

Conséquence prévisible : une levée de boucliers du côté des entrepreneurs. En particulier ceux du Web, soutenus dès le départ par Gérard Collomb . « La réforme fiscale était pénalisante pour les start-up. Ce projet était mal calibré. Il aurait mieux valu écouter les chefs d’entreprise avant. (…) J’ai dit que je comprenais la réaction de ces entrepreneurs, qu’il faut pouvoir encourager le risque dans ce pays, sinon on tuera l’innovation. »

 

L’édile lyonnais fait également savoir toute sa circonspection sur la feuille de route du gouvernement Hollande, avec une inversion des chiffres du chômage annoncée pour fin 2013. « En un an, cela paraît compliqué. Les plans sociaux ont été décalés, ils s’égrènent aujourd’hui, donc la courbe du chômage va continuer à grimper » , constate-t-il.

 

Sur la question des territoires, le sénateur-maire de Lyon salue « un projet assez équilibré. » « S’il avait voulu passer en force, il y aurait eu une levée de boucliers, ergote-t-il . Il va y avoir désormais des discussions avec les associations d’élus locaux. » Parmi les inquiétudes, la participation financière des collectivités présentant des comptes équilibrés aux mécanismes de péréquation. « Il faudra voir où les curseurs s’arrêtent  », prévient Collomb.