collomb_photo_gauche Son dernier interrogatoire remonte à novembre 2000. Accompagné de Thierry Braillard, l'encore maire du 9ème arrondissement avait alors fumé le cigare et nos indiscrètes questions. A quelques jours de l'élection municipale, le maire de Lyon qui fait la course en tête dans les sondages a de nouveau accepté le principe d'une interview décalée. Un exercice auquel son challenger Dominique Perben n'a pas voulu se prêter. A notre grand regret. Comme on le voit sur la photo où il gave le bébé en celluloïd que nous lui avons offert pour Camille, Gérard Collomb sait dorloter ses futurs électeurs.

 

« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Votre victoire annoncée n'est-elle pas un peu frustrante ?

Tant que la victoire n'est pas là, on ne peut pas se prononcer à l'avance, mais enfin il est clair qu'il vaut mieux – pour prendre une métaphore sportive – mener 3-0 à la mi-temps plutôt que d'être mené 3-0. Donc je prends les choses comme elles sont, je continue sereinement la campagne. Je vais parler aux Lyonnais, leur parler d'eux, de leur ville et pas de moi-même.

 

Vous faites aujourd'hui la course en tête mais est-ce qu'à un moment donné, vous avez eu vraiment peur de la candidature de Dominique Perben ?

Lorsque Dominique Perben est arrivé, il était auréolé de sa fonction de Ministre de la Justice donc évidemment cela a un peu impressionné. Cela se voyait d'ailleurs puisque les premiers sondages montraient qu'il me battait 51 et 49 et puis plus les Lyonnais l'ont connu et plus les sondages ont baissé ! Voilà, il fallait donner du temps au temps.

 

Dans une vidéo postée sur son site internet, il annonce qu'il va « vous défoncer ! » selon ses propres termes. Est-ce que vous avez prévu toutes les protections nécessaires ?

On va surtout faire en sorte de se défoncer pour travailler dans l'intérêt de la ville et à mon avis c'est ce que les Lyonnais attendent plutôt que d'essayer de boxer l'adversaire. Je crois qu'on n'est pas sur un ring et que les Lyonnais ne conçoivent pas le débat municipal comme un match de boxe, donc ma meilleure protection c'est la sympathie des Lyonnais.

 

Vous avez réussi l'exploit de déculpabiliser certains électeurs sarkozystes qui vont voter pour la première fois à gauche à l'image de Carole Dufour et de Richard Brumm… Ce n'était pas gagné en 2001 !

Oui, je pense qu'en 2001 les Lyonnais nous ont regardés avec un certain scepticisme. Ils voulaient savoir si l'on n'allait pas tout chambarder, si l'on n'allait pas être inconséquents, si l'on n'allait pas mettre les finances de la ville à sac et puis petit à petit, ils ont vu qu'on était des gens sérieux qui construisaient les dossiers dans la durée. Ensuite quand ils ont vu l'émergence de la ville et leur quartier se transformer et s'embellir, ils ont plutôt tendance à nous renouveler leur confiance.

 

Malgré tout, en cas de victoire à Lyon, vous n'êtes pas assuré de conserver la présidence du Grand Lyon.

Si. Pour la première fois je serais d'accord avec mon challenger : il faut que le maire de Lyon soit président du Grand Lyon. Dans le cas contraire, ce serait l'immobilisme pendant six ans et finalement c'est l'ensemble de l'agglomération qui en pâtirait.

 

C'est un vœu pieux !

Non, ce n'est pas un vœu pieux !

 

On ne sait pas ce que vont faire « les petits maires » comme vous les appelez !

Non, moi je les appelle les maires des petites villes (rires), vous le savez bien ! J'ai vu qu'on leur voulait beaucoup de mal à ces maires. L'UMP essaye de les faire battre partout, donc à mon avis ce n'est pas de bon augure s'ils gagnent et je sais que beaucoup vont gagner ! Franchement je n'ai aucune inquiétude pour la communauté urbaine.

 

On ne va pas s'attarder sur les réussites de votre municipalité : les berges, véloV, nuits sonores… Une certaine presse s'en est largement fait l'écho…

Vous parlez de certains de vos confrères… (Rires)

 

C'est quand même amusant de voir comment vous avez retourné les journalistes en votre faveur après l'épisode des vœux de 2004… Ce doit être assez jubilatoire pour vous !

Je pense qu'ils ont découvert finalement que je n'étais pas l'homme de pouvoir, manœuvrier, qu'ils croyaient. Enfin je crois que vous me connaissez, j'ai plutôt au contraire de la spontanéité, de la sincérité, ce qui peut même quelques fois me nuire parce que je dis toujours ce que je pense. Et donc, je ne suis pas quelqu'un qui tient un discours hypocrite, ça ils l'ont découvert et je crois qu'aujourd'hui ils l'apprécient.

 

Vous vous êtes habilement glissé dans les projets de vos prédécesseurs… Cette image de coucou, vous l'assumez ?

Pour certains projets, il est clair que ce sont mes prédécesseurs qui les ont initiés, mais la cité internationale ce n'est pas Raymond Barre, c'est Francis Collomb qui l'a lancée ! Il y a donc une certaine continuité. Quand on est à la tête d'un grand bateau comme l'est la ville de Lyon, il faut faire bouger les choses doucement. Si vous mettez des grands coups de barre, à ce moment là forcément vous allez dans la falaise. On a essayé de ne pas faire ça et même si on a infléchi la politique, on l'a fait doucement. Ainsi le projet de la confluence n'est plus le projet initial, il a complètement changé. Je crois qu'on ne construit pas une ville en l'espace de trois ans, mais qu'on la construit dans la durée.

 

Ça va nous prendre du temps mais on va faire le tour des échecs de votre mandature en commençant par la propreté qui n'est qui n'est pas votre fort… C'est d'ailleurs la critique numéro un de vos opposants.

C'est facile de dire que la propreté n'est pas bonne. C'est ce que les opposants disent à tous les maires en place. Allez voir Gaudin par exemple et parlez lui de la propreté, je vous signale qu'à Lyon par rapport à Marseille, on mange par terre (rires). L'évolution de la civilisation fait que c'est de plus en plus difficile de maintenir une ville propre s'il n'y a pas une volonté des citoyens. Je prends quelques exemples : la création des fast-foods, les journaux gratuits, la loi sur le tabac. Si chacun balance son mégot par terre, alors là c'est vrai que cela devient très difficile où alors il faut multiplier le nombre de gens qui nettoient par trois ou quatre et puis évidemment cela coûte quelque argent. Or les Lyonnais aiment bien que ça soit propre mais ils aiment bien également que les impôts ne soient pas trop élevés.

 

La ville est toujours aussi taguée. Un exemple la trémie de la Tour du Crédit lyonnais qui abrite un hôtel international n'a pas été nettoyée depuis 2001 !

Au niveau des taggs, il y a plusieurs points. D'abord on n'a pas le droit de détaguer un immeuble qui n'a pas donné son autorisation. Il existe un contrat façade-nette qui est assez peu cher, mais qui est assez peu utilisé aujourd'hui et si demain par exemple je prenais la responsabilité de détaguer un immeuble sans son autorisation, le syndic pourrait se retourner contre moi, donc c'est une question qui est relativement difficile.

Puisque le Président de la CNAB a eu la gentillesse de bien vouloir être sur mon comité de soutien, je vais lui demander de réunir l'ensemble des régies de manière à ce que l'on puisse essayer de voir ensemble si l'on ne peut pas signer un partenariat commun, pour qu'effectivement on ait un contrat façade-nette qui soit appliqué pour toute la ville et pas simplement à quelques immeubles de la ville.

 

Au niveau de la circulation, c'est toujours aussi difficile de circuler. A croire que vous avez mis des béotiens à la gestion du trafic. Pourquoi comme dans certaines grandes villes, on n'a pas des « ondes vertes » à 50 km/h sur les grands axes ?

Vous avez des « ondes vertes » à 50 km/h mais le problème c'est que vous roulez, je m'excuse de vous le dire (rires), à beaucoup plus que 50 km/h !

 

On voit que vous disposez d'une voiture avec chauffeur ! Ce n'est pas très écologique comme conduite : on s'arrête, on redémarre !

Si vous voulez, on fait l'expérience ensemble, je monte dans votre voiture, vous conduisez à 50 km/h, et vous allez voir que vous allez avoir « l'onde verte », mais comme vous mettez un coup d'accélérateur, ensuite vous mettez un coup de frein, vous vous retrouvez au feu rouge ! C'est votre conduite qui n'est pas civique (rires).

 

La vente du quartier Grolée est également restée en travers de la gorge des Lyonnais. Vous pouvez faire une croix sur votre reconversion comme agent immobilier si vous êtes battu !

Oh pas du tout ! Au contraire, tous les agents immobiliers que j'ai rencontrés récemment sont extrêmement contents de notre gestion. Il ne faut pas confondre agent immobilier et marchand de biens. Nous voulons faire aujourd'hui du quartier Grolée, mais plus largement de la presqu'île un quartier des références. On veut que ça soit l'avenue Montaigne. Il y avait un certain nombre de magasins qui ne correspondaient pas au standing de Lyon, donc c'est vrai que les loyers vont monter mais qu'après les propriétaires vont trouver des enseignes qui vont faire de Lyon une capitale pas seulement régionale, mais qui attirera nos amis suisses, éventuellement nos amis allemands, nos amis italiens. Ça sera à terme un très beau quartier. Lorsqu'on voudra me donner une rue, on ne dira plus rue Grolée mais rue Collomb (rires).

 

Ce qui fait la richesse d'une ville, c'est la diversité de ses quartiers… or vous avez collé de nombreux logements sociaux dans le 6ème au risque de le dénaturer !

Non, non c'est faux ! Demandez aux promoteurs immobiliers, ils vous diront que nous faisons usage de la préemption avec beaucoup de précaution. Écoutez, je suis allé voir les promoteurs immobiliers pour une réunion de bilan, il y a quelques jours et je peux vous dire que l'ambiance entre nous est parfaite parce qu'aujourd'hui, être promoteur immobilier à Lyon, c'est excellent.

 

En voulant déstabiliser sociologiquement cet arrondissement, n'avez-vous pas l'arrière pensée de vouloir le faire basculer politiquement…

(Rires) Je m'aperçois qu'aujourd'hui le 6ème arrondissement est un quartier qui connaît une espèce d'embellie, qui se tourne vers ce que je peux représenter, vers Heidi Giovacchini, ma tête de liste. Et moi je suis sûr que nous allons gagner le 6ème. Si on a construit 300 logements sociaux dans tout le 6ème  arrondissement, ça doit être à peu près le bout du monde, donc non ce n'est pas ça qui a fait basculer cet arrondissement. Maître Jean Martinon n'habite pas dans un HLM que je sache et pourtant il est sur ma liste !

 

Selon le magazine Challenges, vous faites partie des plus mauvais élèves en matière de bilan financier… 19ème sur 35 pour les villes de + 100 000 habitants ! Et 710ème sur 873 dans le classement des villes de plus de 10 000 habitants… ça rigole en face en voyant ce bonnet d'âne !

Vous avez vu que Challenges a fait un article extrêmement élogieux sur la façon dont la ville de Lyon s'est développée, je ne m'attendais pas d'ailleurs à ce que Challenges fasse un tel éloge. Quant à leur étude purement fiscale, ils oublient simplement qu'il y a des villes qui ne sont que villes, nous on est ville et en même temps communauté urbaine de Lyon. La majeure partie de l'investissement se fait à la communauté urbaine, donc si vous oubliez de dire qu'effectivement il y a la communauté urbaine de Lyon vous changez totalement les choses. On a fait un calcul sur la fiscalité, mis à part Paris, nous avons la plus basse fiscalité de toutes les villes de plus de 100 000 habitants.

 

Autre problématique, les trois ans de plantage consécutifs pour la fête du 8 décembre…

Il y a eu une année où l'on s'est planté, j'ai remis effectivement les choses en route, puis il y a deux années consécutives qui ont été à mon avis extraordinaires. Effectivement pour la dernière, il y a des lieux emblématiques auquel il ne fallait pas toucher comme la place des terreaux, où il faut qu'il y ait un grand spectacle, et la colline de Fourvière. C'est une grande fête populaire, pas une biennale d'art contemporain, donc il faut que les gens aient le coup de cœur tout de suite.

 

Vous allez reprendre les choses en mains ?

Je peux vous assurer que l'an prochain, je choisis moi-même les œuvres !

 

Au niveau patrimonial, tout le monde salue la restauration réussie de l'abbaye d'Ainay. L'orgue et la nef de Saint-Bonaventure sont dans un triste état, est-ce un engagement que vous pouvez prendre sur la prochaine mandature ?

On a fait que des églises pendant notre mandat (Rires) La seule rénovation patrimoniale hors églises que l'on ait faite c'est le palais de la Chambre de Commerce et d'Industrie, donc nous ne sommes pas figés ! Pour Saint Bonaventure, c'est prévu même si nous avons quelque mal à signer une convention patrimoniale avec l'Etat puisque la DRAC a vu ses crédits réduits de 7 %. Malgré tout, maintenant qu'on a fait le Grand Bazar, il ne reste plus effectivement que l'église à restaurer pour avoir un endroit qui soit parfait.

 

Parmi les choses qui fâchent : la verrue de Perrache qui est toujours là… Eurexpo devait déménager, les halles de Lyon aussi… Beaucoup d'annonces et peu de concrétisation à l'arrivée !

Vous riez ! Nous sommes passés dans la construction de l'immobilier d'entreprise d'un investissement de 140 millions d'euros en 2000 à 1 130 000 d'euros. Nous allons construire la 2nde tour de la Part-Dieu, nous avons fait le confluent, nous sommes en train de commencer le carré de soie ; nous sommes en train de transformer complètement Gerland, nous avons terminé le 8ème, nous avons terminé le 9ème, c'est pour ça que 87 % des lyonnais sont satisfaits de notre bilan !

 

Et si nous restions à Perrache !

Perrache est construit de la manière suivante : c'est la masse du complexe au-dessus qui tient les voiries qui sont sous la nappe phréatique, donc cela veut dire que le jour où vous enlevez ça, la voirie remonte, et donc vous êtes obligés de fermer pendant 4 ans le tunnel de Fourvière. Qui fermerait le tunnel de fourvière pendant 4 ans ? Aujourd'hui, j'ai changé mon fusil d'épaule, on va habiller et travailler l'urbanisme autour du centre d'échanges, lui donner un look, mais on ne peut pas l'enlever. Qu'est-ce que je n'ai pas fait encore ?

 

Eurexpo devait déménager, les halles aussi !

Eurexpo, c'est un dossier ou je dois dire j'ai été convaincu, parce que j'écoute ce qu'on me dit, contrairement à ce qui affirment que je ne fais que ce que je veux, que je suis autoritaire…

 

On dit aussi que vous êtes colérique…

Laissez-moi finir ! (Rires) J'écoute les gens qui me semblent avoir de bons arguments. Plutôt que de déplacer Eurexpo, on a choisi de l'agrandir. Alors que nous n'étions pas classés dans le tourisme d'affaires, en construisant l'amphithéâtre 3000, nous sommes passés de la 77ème place il y a deux ans à la 30ème l'an dernier. Pas mal pour quelqu'un qui est immobile !

 

Vous pouvez remercier votre ami Olivier Ginon ou c'est lui qui doit vous remercier ?

C'est une collaboration entre le public et le privé, c'est pour cela qu'un certain nombre de chefs d'entreprises me plébiscitent aujourd'hui. On ne fait pas avancer une ville uniquement avec de l'argent public ou privé, on l'a fait avancer en mêlant les deux.

 

Avez-vous un regret sur quelque chose que vous n'avez pas pu faire durant votre mandature ?

Oui, que l'Etat ait coupé ses crédits pour les transports en commun. On aurait fait la ligne T4 qui serait terminée aujourd'hui.

 

Vous avez du mal à faire votre mea culpa ?

J'ai des tas de projets pour l'avenir, mais je n'ai pas de remords pour le passé. Je ne suis pas un homme de remords, je suis toujours quelqu'un qui regarde devant moi. 

 

La confession ce n'est pas pour vous !

Si ! Je veux bien vous confesser toutes mes fautes privées…

 

On y viendra après ! (rires) C'est la mode de noter les ministres. Si l'on faisait de même avec vos adjoints…

Je ne veux noter personne, je trouve que tout le monde a bien travaillé, nous avons fait une équipe parfaite !

 

C'est l'école des fans ! Quid de Patrice Beghain, adjoint à la culture ?

Ceux qui partent ne partent pas parce qu'ils ont échoué. Patrice Beghain était un super adjoint à la culture.

 

C'est pour ça que vous l'avez poussé vers la sortie ?

On ne peut pas garder tout le monde. Nous avions à peu près tous 50 ans lorsque nous sommes arrivés au pouvoir dans cette ville. Depuis, il y a 7 ans qui se sont écoulés, il fallait donc renouveler un peu. C'est ce que nous avons fait. A l'avenir, Patrice Beghain remplira auprès de moi un rôle de conseil sur un certain nombre d'activités culturelles.

 

Combien lui mettez-vous ? Un petit 18/20 ?

Je vais vous dire, vous savez pourquoi il n'y a pas de réussite scolaire en France ? Parce qu'on dit aux gens : « toi, tu es mauvais »,  alors qu'il faut leur dire comment on va faire « pour que tu réussisses mieux ». C'est ce que nous faisons à la mairie de Lyon.

 

Avec Etienne Tête, c'est ce que vous faites aussi ?

Bien sûr !

 

C'est pour ça que vous l'avez mis à une place non éligible dans le 5ème ?

Pardon ! Mais on va gagner le 5ème arrondissement ! Nous sommes partis pour faire le grand schelem, ne me faites pas dire qu'Etienne Tête ne sera pas élu. Il est en train de discuter avec moi de ce qu'il fera dans le prochain mandat. Vous voyez qu'il est aussi optimiste que moi.

 

Gilles Buna, adjoint à l'urbanisme ?

Super !

 

Thierry Braillard, adjoint aux Sports ?

Très bon adjoint aux sports.

 

Que va-t-il faire dans la prochaine mandature ?

Nous n'avons pas encore discuté. J'essaie d'abord de gagner les élections.

 

Vous n'avez pas une idée de votre prochaine équipe ?

Non. Absolument pas. Ça dépendra des gens qui auront été élus. Si l'on gagne tous les arrondissements, ça ouvre le panel à des gens auxquels on ne pensait pas au départ. Je n'ai donc pas formé mon équipe aujourd'hui.

 

Hubert Julien-Laférrière, maire du 9ème, se verrait bien à la Culture. Il est revenu en grâce ?

Il n'a jamais été en disgrâce. C'est comme tous les enfants, vu que c'est mon fils spirituel, il faut leur taper un petit coup sur les doigts ! (rires) Après, ils reviennent vers vous avec d'autant plus d'amour !

 

Jean-Michel Daclin, au bras duquel vous avez accueilli un dictateur chinois…

Nous avons reçu le candidat à la présidence de la République de la Chine populaire. La Chine est un grand pays, on peut lui souhaiter qu'elle évolue mais c'est sur certains points et ce n'est pas en lui fermant la porte que nous la ferons évoluer. Moi je crois que c'est en multipliant les coopérations, en particulier dans le domaine économique mais aussi culturel.

 

En 2001, vous aviez envisagé d'abandonner votre mandat de sénateur… mais vous aimez trop vos escapades parisiennes !

Non, j'ai surtout compris que si je voulais préserver les intérêts des grandes métropoles, il fallait que j'aille au Sénat où nous avons plus l'accent du Sud-ouest, et où le fait métropolitain est moins prégnant.

 

Vous avez également pris goût aux déplacements de l'OL à Barcelone ou à Moscou où vous vous encanaillez avec Richard Brumm et le comité de gestion de l'OL ?

A Moscou, je n'y suis jamais allé ! A Barcelone, oui ! La première fois, j'ai emmené une équipe de chef d'entreprises Lyonnais à qui j'ai présenté des chefs d'entreprise catalans. La deuxième fois, j'avais rendez-vous avec le maire de Barcelone qui m'a fait visiter les grands travaux de sa ville. Je pense qu'il est extrêmement important de pouvoir regarder ce que les autres font pour pouvoir ensuite réaliser des choses.

 

Et la troisième mi-temps ?

Il n'y a pas de troisième mi-temps ! Vous devriez venir plus souvent pendant mes voyages ! En général vous sortez du stade et vous regagnez l'avion de l'Olympique Lyonnais. Mais bon, il y en a quelques-uns qui profitent des joies terrestres ! Mais comme nous construisons la ville, nous leur donnerons encore plus le temps d'en profiter !

 

Avez-vous donné un coup de canif dans le contrat depuis votre mariage avec Caroline ?

Non !

 

Sage comme une image ?

Sage comme une image ! Je suis un homme fidèle ! Ça peut être dans des temps successifs, mais lorsque je suis marié, il n'y a pas de coups de canif dans mon contrat.

 

Campagne oblige, vous êtes peu présent auprès de Camille, votre petite fille née fin décembre…

Si quand même le soir au moment où elle dîne. J'arrive à lui donner le biberon du soir.

 

J'espère que vous pouvez compter sur son parrain et sa marraine. Qui avez-vous choisi pour cette lourde responsabilité ?

Vous le saurez le jour du baptême, où bien évidemment Lyonpeople sera largement invité ! (Rires) Ce que je peux vous dire, c'est que la robe de baptême a été choisie dans le 2ème arrondissement à Ainay.

 

Chez Nicolas Fafiotte (Rires) ?

Non, chez des dames de la paroisse d'Ainay qui vendent des broderies qui sont faites par des religieuses.

 

Une question du Cardinal Barbarin : « Quand comptez-vous faire baptiser la petite, que je puisse bloquer la date dans mon agenda ? »

Ça sera en avril, dès que la communauté urbaine sera élue, nous ferons le baptême.

 

C'est le Cardinal qui la baptisera ?

Non, c'est Max Bobichon qui a déjà baptisé Clémence, qui baptisera Camille.

 

Etes-vous toujours un homme de gauche, vous qui passez vos week-ends et vacances à Megève et Saint-Tropez ?

Je ne passe pas mes vacances à Megève et à Saint-Tropez toutes les années ! Je travaille beaucoup. Cette année, j'ai passé 15 jours à écrire mon programme municipal à Corrençon, c'est moins branché que Megève, mais c'est vrai que j'ai fait plusieurs petites escapades à Megève, car nous avions un tournoi de boules et une partie de golf avec Richard Brumm, Patrice Rosier et Norbert Dentressangle.

 

Comprenez-vous l'inquiétude de vos alliés de la gauche plurielle sur votre métamorphose people ?

Je n'en ai jamais vu aucun s'inquiéter. Ils pensent tous que nous sommes en position de remporter la victoire et cela les ravit. Vous avez vu d'ailleurs que nous avons pris une teinte fuchsia pour la campagne, comme ça personne n'est vexé.

 

Votre convivialité fait merveille avec les millionnaires lyonnais. Vos nouveaux amis ont-ils définitivement supplanté les anciens ?

Pas du tout ! Je suis fidèle en amitié. Comme tout à l'heure où j'ai rencontré quelqu'un qui me donnait le bonjour d'un ami que je connais depuis l'âge de 20 ans, nous avions fait pas de mal de fêtes ensemble et nous nous revoyons toujours avec 2 ou 3 amis.

 

Gérard Angel, Jean-Marc Requien et Albert Artiacco semblent être passés aux oubliettes de l'histoire ! Peut-on vous faire confiance alors que vous n'êtes pas fidèle en amitié ?

Ce n'est pas vrai ! Je vois toujours Albert Artiacco, j'ai pris de ses nouvelles très souvent lorsqu'il était malade. Bon, Jean Marc Requien je lui ai promis mais je ne l'ai fait pas encore fait, de l'appeler pour lui fixer un repas et aller manger ce steak et ces frites ensemble à « Ma vigne » !

 

Vous êtes un peu l'arbre qui cache la forêt déboisée ! Si demain vous passiez sous une voiture… qui pourrait prendre votre relais ?

Il y en a beaucoup (rires) ! Je ne voudrais pas que vos questions puissent suggérer à qui que ce soit sur ma liste de me pousser sous une voiture !

 

Vous représenterez-vous en 2014 ? Vous aurez alors 66 ans !

C'est jeune ! On verra dans quelle forme je serai à ce moment-là. Ma vie familiale est un peu sacrifiée par les impératifs de la vie publique, j'aimerais bien voir grandir mes deux derniers enfants.

 

L'idée de passer la main ne vous paraît pas…

Inimaginable… Mais je ne veux plus m'engager là-dessus comme je l'ai fait pour le mandat de sénateur.

 

Qui voyez-vous comme successeur Thierry Philip ? Thierry Braillard ?

Ceux qui auront le plus travaillé et ceux qui auront le plus aimé leur ville et les Lyonnais.

 

C'est de la langue de bois !

Non ! Ça se construira. Si demain il m'arrivait un accident, je pense que quelqu'un comme Thierry Philip a les capacités intellectuelles et en même temps la volonté pour gérer une ville. Mais c'est vrai aujourd'hui, peut-être d'autres talents vont-ils fleurir !

 

Et à droite, pour succéder à Dominique Perben ?

Perben !

 

Il aura passé l'âge, lui aussi !

Perben a bien abandonné Chalon. Cochet décidera peut-être d'abandonner Caluire car c'est trop petit pour venir à Lyon (rires).