La justice a réexaminé jeudi à Lyon les accusations de
viol portées par Laurent de Villiers contre son frère aîné Guillaume, qui avait
bénéficié fin 2010 d'un non-lieu annulé un an plus tard par la Cour de
cassation.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon,
saisie de l'affaire par la Cour de cassation, a tenu ses quatre heures
d'audience à huis clos, en présence des deux frères, et mis sa décision de
renvoyer ou non Guillaume de Villiers devant une Cour d'assises en délibéré au 2 octobre
prochain. Le parquet a requis un non-lieu. "On attend le résultat avec
confiance", a déclaré Me Dominique Tricaud, avocat de Laurent de Villiers, soulignant que la juridiction
avait "consacré beaucoup de temps" aux débats. "Aucun des deux
frères ne pourra vivre tant qu'une cour d'assises n'aura pas statué",
a-t-il estimé. Fatigué par son
voyage depuis les Etats-Unis, où il vit désormais, son client a expliqué avoir
"eu l'impression d'être l'accusé". "C'est épuisant, c'est le
monde à l'envers", a expliqué le jeune homme, aujourd'hui âgé de 28 ans.
L'avocat de la défense, Me Alexandre Varaud, s'est borné dans une courte
allocution à dénoncer "une accusation extrêmement injuste", ce qui
"avait déjà été constaté une fois par la cour d'appel de Versailles, dans
un arrêt cassé pour une raison de forme". Le dossier, qui implique deux
des fils de l'eurodéputé Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la
France, a connu de multiples rebondissements depuis 2006, date à laquelle
Laurent de Villiers a déposé plainte pour "viols" contre Guillaume
pour des faits qui se seraient déroulés entre 1994 et 1997.
Il était alors âgé de 10 à 13 ans. En juin 2007, il avait
retiré sa plainte, avant de réitérer ses accusations en novembre 2008. En mai
2010, un juge d'instruction versaillais avait renvoyé Guillaume de Villiers, 34
ans aujourd'hui, devant les assises pour répondre de ces viols. Mais l'aîné des
Villiers ainsi que le parquet de Versailles avaient fait appel et, le 17
décembre 2010, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles
avait prononcé un non-lieu faute de "charges suffisantes".
"Devant la cour d'appel de Versailles, on était très préoccupé de voir que
Philippe de Villiers disait que le procureur général était son ami. Un non-lieu
avait d'ailleurs été requis", a lancé jeudi Me Tricaud. Laurent de
Villiers s'était pourvu en cassation, dénonçant un "arrêt totalement
partial", quand Guillaume s'était dit "soulagé par cette décision claire
et définitive", regrettant que son nom eut "été sali par des
allégations mensongères et sans fondement". Le 7 décembre 2011, la Cour de
cassation avait annulé le non-lieu, estimant que la cour d'appel de Versailles
n'avait pas le pouvoir d'écarter certains enregistrements à charge contre
Guillaume de Villiers, même s'ils avaient été réalisés par Laurent à l'insu des
témoins.
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