
Photo © Fabrice Schiff
Par Marc Polisson
Riche et cosmopolite
destinée pour cette adresse mythique, proche des anciens abattoirs. Elle en
aura vécu des vies, poissonnière sous Fedora, footballeur sous Mon Brésilien, la
voilà désormais bottée à l'Italienne. En voiture pour un voyage gourmand du
côté de Gerland.
Poussez la porte d'entrée. D'emblée, on se sent enveloppé
par la déco chaleureuse d'une demeure toscane. Cheminée monumentale et longue
table d'hôtes sous des toiles de Braconnier.
Dix mètres de bar, dont l'arrière empli de précieux flacons est une
bibliothèque en frêne chinée chez Philippe
Cote, le grand moustachu des antiquités et réaménagée par Giorgio, un ébéniste qui fait des
miracles. Et ce n'est pas le seul tour de force réalisé par le trio détonnant
de Carmelina qui a bouclé les travaux
en deux mois ! Entre l'Hostel et
son nouveau resto, Marc Joly a pension
complète, il a doublé son emploi du temps. Olivier
Farissier a allongé le sien, désormais il se lève le matin. « C'est fini la nuit ! »
rigole-t-il à midi, la marque de l'oreiller incrustée. Et puis Béatrice
Denis, la
Béa, à qui Pascal
Donat, en parfait gentleman a rendu sa liberté. Elle a quitté la tanière de
Maître Kanter, l'ancienne directrice des Négociants
de la grande époque. Difficile de résumer en deux lignes la connectique qui a
relié ces trois personnages de la restauration lyonnaise. Une histoire de
rencontres dont je n'ai pu démêler tous les fils. Même Saint Antoine de Padoue en
perdrait son latin. Son doux regard couvre le bar et la salle de resto en enfilade
ainsi que ses convives sur lesquels veille un angelot de pierre.
Les petits plats de Freddy
Dauphin ne laissent pas de marbre. Arrivé dans les bagages de Clarinette,
l'ex voileux a eu droit à un stage en Italie chez Dal Pescatori (famille Santini) grâce à l'entregent de Jérôme Bocuse. Les petits producteurs
livrent désormais jambon et parmesan. Idéal pour accompagner les risottos (aux
cèpes ou au safran, un régal !) et les pâtes (5 de chaque). Les
must : son thon rouge slaché, servi rosé à la fleur de sel et pour les
carnassiers, sa côte de veau rôtie au jus de viande. Miam. Dans la cour
intérieure, des champignons chauffent la terrasse. « Caliente, caliente »
chez Carmelina surtout le jeudi quand
Marion se glisse derrière le micro.
Bientôt elle sera accompagnée d'un piano, entouré de fauteuils en provenance
directe du kiosque de Vichy. Sous le saule pleureur, ils en rient déjà. Une
nouvelle carrière, toujours dans la zique ! Passé les préliminaires, on
devient curieux. Comment ont-ils remporté l'affaire - que tout Lyon est venue
renifler - et combien a-t-elle coûté ? « On ne veut pas parler d'argent vis-à-vis de Sonny Anderson ! » s'impatiente Marc. « Carmélina »,
c'est le prénom de sa mère. Nul doute
qu'il a du sang sicilien dans les veines, celui-là. Alors je vais me contenter
d'un petit marché. Je repars quand même avec 200 000 euros de travaux dans
le cabas... mais chaud à l'estomac. Benvenuta Carmelina !
249, rue Marcel Mérieux, Lyon Gerland. Tel. 04 78 69 46 26
Du lundi au vendredi de 12h à 15h et de 19h à 1h. Dernière
commande à minuit. Fermé le samedi midi et ouverture le dimanche soir quand il
y a match.
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