En décembre 2004, Renée Richard accueille Christian Jacob, alors ministre du Commerce, accompagné du préfet Jean-Pierre Lacroix, de Georges Sorel de Marc Vilbois – Archives Lyon People

Par Marc Polisson

(Maj avec la date de l’enterrement) Cette belle figure des Halles Paul Bocuse qui avait fait du Saint Marcellin sa marque de fabrique s’est éteinte lundi 31 mars 2014 à l’âge de 84 ans.

Nous reviendrons plus longuement sur son parcours en compagnie de sa fille Renée qui, à l’heure où nous publions, s’occupe des démarches administratives et de la préparation de l’enterrement. En attendant, je vous propose de retrouver cette ambiance si singulière des Halles dont Renée mère était l’une des reines – avec sa copine Colette Sibilia – à travers cette savoureuse chronique de notre collaboratrice Nadine Fageol, publiée dans Lyon People en décembre 2005 :

« Le Lyonnais avisé sait parfaitement que les Halles se dégustent un samedi matin de préférence et le dimanche pour les plus m’as-tu-vu. Le Lyonnais avisé sait aussi que les Halles ont fait peau neuve arborant fièrement, malgré l’enseigne timorée, le patronyme du grand toqué universel Paul Bocuse. L’idéal est de faire son marché avec son homme, en phase amoureuse, histoire de claquer, sans aucune gène, des billets de 100 pour de divins extraits substantifs hors de price. Et puis un amoureux, c’est bien plus valorisant qu’un caddy griffé pour trimbaler les sacs. Réservez la rigolade et les mamours pour le break chez les incontournables Rousseau, Antonin, Merle et Cellerier.

En parlant de dame, il s’en passe de belles chez la Mère Richard. Non seulement la grande prêtresse du Saint Marcellin a troqué le foulard Hermès pour un imprimé Pierre Frey, une provocation l’année des 70 ans du carré ! Mais en plus, elle s’est offert un nouveau stand, tout en hauteur. Désormais Mère Richard reçoit ses clients par l’odeur alléchée à bord d’une « papamobile » rutilante de vitrages. «  C’est pour mieux voir les fromages  » qu’elle nous dit. Menteuse, ici tout s’achète les yeux fermés !

Bon, on reprend notre promenade pour découvrir Cerise et Potiron . La présence aux Halles de portiques électriques et caddy laissent tout de même songeur… « C’est pour le confort des clients qui arrivent toujours bien chargés chez nous en dernier  » raconte Éric Chetail, expert-comptable reconverti dans le primeur innovant car ici les salades brillent comme des diamants sous les perles de rosée distillées par un brumisateur. Enfin, petit bonheur à forte teneur en sucre, voilà que s’installe – non sans mal – le roi de la brioche et de la tarte praline, Philippe Marc Jocteur. Conséquence, la jet set s’interroge comment gérer le dimanche matin : brunch à l’Ile Barbe ou cours Lafayette ? En profiter pour tailler la bavette avec les 4 patrons des Garçons-bouchers, premier resto de viandes qui a pris ses marques à la place du Patio. Il faut de toute façon faire le pèlerinage aux Halles, entre jeans brodés et visons d’élevage, bottes et talons pointus, petits et grands cabas gorgés de denrées bien en chair. Et puis il faut manger trois coquilles et une douzaine d’huîtres, quelques escargots chez un écailler à la mode avec la forte probabilité le samedi midi de croiser monsieur le maire pas uniquement là pour des histoires de municipales. Faut bien vivre. »

Les funérailles seront célébrées vendredi 4 avril à 9h30 en l’église Saint Bonaventure – Lyon Cordeliers

La réaction de Gérard Collomb

« J’ai appris hier avec une grande tristesse la disparition de Renée Richard.

C’est aujourd’hui toute la gastronomie lyonnaise qui est en deuil et qui rend hommage à celle que Paul Bocuse avait baptisée affectueusement « La mère Richard ».

Figure charismatique des Halles de Lyon où elle exerça ses talents et transmis sa passion pendant tant d’années, sacrée par ses pairs « Reine du Saint Marcelin », Renée Richard aura marqué durablement de son empreinte le paysage gastronomique de notre ville.

En mon nom personnel, et au nom de la Ville de Lyon, j’adresse à sa fille Renée, à ses proches, mes plus sincères condoléances. »