Gérard Collomb remettant le Bocuse d’Or lors de l’édition 2011 du Sirha à Eurexpo. Photo © Fabrice Schiff

(Actualisé le 12/01 à 8h45) Tardive mais combative, le sénateur-maire de Lyon a publié vendredi 11 janvier 2013 via son blog sa réaction à la quasi-éviction de Lyon du projet de Cité(s) de la gastronomie, avant d’accorder un deuxième jet encore plus offensif à l’AFP en fin de journée.

« Je constate que le gouvernement constituera un réseau des Cités de la Gastronomie. Lyon, riche de son histoire culinaire, de la réputation de Paul Bocuse et de celle des 64 chefs étoilés de sa région, ne pouvait évidemment qu’en être », se réjouit Gérard Collomb, à rebours du pessimisme ambiant.

« A quelques jours de l‘ouverture du Salon International de la Restauration, de l’Hôtellerie et de l’Alimentation qui accueillera 170 000 visiteurs et 12 700 chefs venus du monde entier, je veux marquer notre engagement total autour du projet de la Cité de la Gastronomie. J’invite les membres du jury à  se rendre à Lyon à cette occasion. Ils pourront se rendre compte par eux-mêmes si Lyon a vocation à représenter la gastronomie française dans le monde », termine, dans une formule confinant à la défiance, le sénateur-maire de Lyon.

La mission interministérielle tranchera définitivement à la fin du mois d’Avril 2013. Si Lyon n’est pas exclue du processus, sa candidature a pris du plomb dans l’aile. Paris-Rungis, Tours et Dijon devraient jouer les premiers rôles.

Le projet de Lyon pas assez sérieux pour la MFPCA

Pour Jean-Robert Pitte, le président de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires (MFPCA) qui a épluché les cinq dossiers des villes candidates, estime que Lyon « n’a pas assez pris au sérieux ce dossier », rapporte L’Express.fr.

Deux points saillants du dossier lyonnais ont joué en sa défaveur : la superficie consacrée à la Cité de la Gastronomie sur le site du Grand Hôtel-Dieu et la fait que ce dernier fasse déjà l’objet d’un projet de réhabilitation via Eiffage. « Le lieu est certes prestigieux, mais essentiellement dévolu à un opérateur privé  pour d’autres projets absolument pas en rapport avec la cité de la gastronomie, explique-t-il. Cela n’avait pas de sens. »

Lyon « proposait moins de 4000 mètres carrés sur le site des hospices civils ce qui était tout à fait insuffisant», continue le président de la MFPCA. Cette pierre d’achoppement semble moins compréhensible, sachant que le projet lyonnais prévoyait le déploiement de la Cité de la Gastronomie sur 15 000 m2. Sans doute la mission n’a-t-elle pas retenu le volet réservé aux commerces dans son décompte du volume dédié.

« On fera comme par le passé, entre Lyonnais »

« On fait les projets qui sont réalisables et si la Mission dit qu’il faut faire une Cité de la gastronomie sur les 50.000 m2 de l’Hôtel Dieu — au lieu des 15.000 prévus– , ce n’est pas raisonnable », a confié Gérard Collomb à l’AFP.

« Lyon aura de toute manière une Cité de la gastronomie, avec ou sans Paris, car on n’a jamais eu l’habitude d’avoir des mannes publiques et on fera comme par le passé entre Lyonnais »,  promet-il, fier de pouvoir s’appuyer sur « Paul Bocuse et les 64 étoiles de Lyon et les milliers de chefs qui viennent tous les deux ans au Sirha. »