Par Morgan Couturier et Alissia Ahr

La 30e édition du Bocuse d’Or a consacré ce mercredi 25 janvier 2017, l’Américain Mathew Peters, deux ans après avoir décroché l’argent. Pour ce dernier jour du SIRHA, le New-Yorkais devance le Norvégien Christopher Davidsen et l’équipe islandaise dirigée par Viktor Andrésson. Absente une nouvelle fois du podium, la France doit se contenter des prix annexes.

Quelle sombre idée d’associer systématiquement les États-Unis à la malbouffe. Sous une pluie de confettis, la bannière étoilée s’est extirpée de la toque du président Jérôme Bocuse. Une demi-surprise tant l’équipage américain avait vu son nom revenir avec insistance sur les lèvres des spectateurs, au moment d’établir un favori au Bocuse d’Or. Faisant fi des « USA, USA », Vincent Ferniot a pourtant fait tout son possible pour maintenir en haleine le public. Mais le sacre annoncé de Mathew Peters a bien eu lieu. Libéré de toute pression, l’Américain coaché depuis 2 ans par Thomas Keller n’a pu retenir quelques larmes au moment de recevoir la fameuse statuette dorée, deux ans après s’être contenté de sa réplique en argent. Mais ce dernier ne fait pas le bonheur. À force de dextérité, le chef New-Yorkais a fini par soulever le graal, rêvé et convoité quarante-huit heures durant par 24 équipages.

Ce 30e anniversaire du concours initié par Monsieur Paul, excusé pour son absence, « mais posté devant son écran de télévision » dixit le président d’honneur Joël Robuchon, a donc rappelé que les États-Unis n’étaient pas que cette terre du fast-food et de l’obésité mais bien une grande puissance susceptible de revisiter avec brio, la « poularde de Bresse aux écrevisses ». Daniel Boulud et Thomas Keller ont depuis des années fait monter en puissance le team US qui dispose d’un budget considérable. Pendant deux ans, Mathew s’est entrainé quotidiennement chez Thomas Keller qui est allé chercher son financement dans les poches des plus riches gastronomes yankee. L’histoire retiendra que c’est à Lyon, que s’est réalisé le rêve américain, talonné par des poursuivants de haut vol. Avec dans l’ordre, l’équipe norvégienne du chef Christopher Davidsen et le populaire Viktor Andrésson, soutenu par sa horde d’Islandais, venus reproduire aux Sirha, ce si apprécié clapping, démocratisé lors du dernier Euro de Football.

À ce titre, Olivier Ginon, Gérard Collomb et Jean-Michel Aulas, grands amateurs de ballon rond, tout autant que de gastronomie, regretteront sûrement que dans cette grande fête de la cuisine, l’escouade française n’ait su reproduire l’épopée de leurs confrères du terrain vert. Pourtant épaulé du meilleur commis du concours Benjamin Vakanas, Laurent Lemal n’est jamais parvenu à accrocher le podium. Une nouvelle frustration pour le clan tricolore, bien que primé pour son assiette végétale, nouveauté de ce millésime. Dans l’ombre et l’indifférence, les Bleus n’ont eu d’autres choix que de quitter la scène, où rayonnaient sous les projecteurs le héros du soir. Avec de telles assiettes, Yes, he can !