Tribunal-administratif_Lyon_01.jpg Deux femmes se sont cachées sur la photo. Sauras-tu les retrouver ? © BS

Par Benjamin Solly

Si l’ami Julio n’a pas encore pris la tête de la juridiction lyonnaise, ce sont deux femmes qui s’invitent aux fonctions de vice-présidentes de l’institution. Dépoussiérant !

Serait-ce donc l’effet Najat ? Ouch, j’entends déjà les républicains prosélytes se draper derrière le principe de séparation des pouvoirs, pour rappeler à Lyon People que la Justice n’est pas sous tutelle de l’Etat. Rendons aux zélés ce que le droit constitutionnel leur donne. Mais pour l’audience de rentrée solennelle au palais des juridictions administratives, vendredi 7 septembre 2012 à 11h (notez greffier), l’odeur de musc laissait place aux effluves délicieuses de n°5. 

Cliché ? Certes, si le collège des vice-président(e)s n’a pas rejoint (et c’est heureux !) la salle d’audience sur « Girls just wanna have fun » de Cindy Lauper, les stars de cette reprise s’appelaient bien Annick Wolf et Geneviève Verley-Cheynel. La nomination des deux femmes-magistrats, respectivement présidentes des 6e et 7e chambres administratives, concoure à moderniser l’institution. Et le président de la juridiction, Etienne Quencez, ne boude pas son plaisir. A ses côtés, les vice-présidents Christian Millet, Jean-Paul Martin et Jean-Paul Wyss restent imperturbables. On est quand même là pour bosser les gars !

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Face au collège, le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb, le président du Conseil général Michel Mercier (auquel on sert encore du «M. le Garde des Sceaux», étiquette oblige), le préfet délégué à la sécurité et à la défense Jean-Paul Cazenaves-Lacrouts. Ambiance sérieuse et protocolaire lors du discours de l’invité d’honneur de cette rentrée, le conseiller d’Etat Serge Daël. Le président de la commission d’accès aux documents administratifs du palais d’Iena reconnait volontiers avoir «épuisé l’attention» de ses auditeurs, après un bon quart d’heure d’un discours très technique sur le thème Où s’arrête la démocratie, où commencent les libertés individuelles. Le voilà qui se relance pourtant, pour une bonne dizaine de minutes de rab. Dur.

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Également de la partie, les parlementaires Dominique Nachury et Thierry Braillard, mais aussi le député socialiste Pascale Crozon, jamais bien loin lorsque le girl powaaa est mis à l’honneur. Au deuxième rang, le procureur Marc Cimamonti passe en mode pokerface. Ultra-sérieux, il ne s’offre que de courtes périodes de répit sur son smartphone, enchâssé sur son banc par les représentants des corps constitués. Tel un zébulon, Michel Godet du Tout Lyon ne tient plus. Il épuise la largeur de la chambre administrative, l’appareil en bandoulière autour du cou, dégainant à tout va.

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L’exercice aura été fastidieux, mais que les procéduriers de tout poil se rassurent, la trentaine de magistrats du tribunal administratif a repris le boulot.