Photo © Fabrice Schiff

Après les scandales à répétition et l’image que donne l’UMP au niveau national, il n’est pas tolérable qu’au niveau de la fédération du Rhône on en soit encore aux petits arrangements entre amis.

La Commission nationale d’investiture qui s’est tenue à l’UMP mardi 17 juin n’est pas parvenue à statuer sur le choix du candidat en 3ème position sur la liste des sénatoriales du Rhône. Certains parlementaires souhaitaient une candidature de l’Est lyonnais. Cependant ces derniers ne sont pas d’accord sur le choix du candidat.

Il faut dire que deux des prétendants ne font pas rêver. Le premier, Paul Vidal, maire de Toussieu, plutôt style motard à ses heures et le second Christophe Quiniou, adjoint au maire de Meyzieu et plutôt style cycliste écolo, se livrent une vraie compétition plus ou moins sportive. Quiniou, armé de son vélo pliant, arpente les rues de Meyzieu au Grand Lyon.

Quant à Vidal, il a délaissé sa moto pour remettre son costume, essayant de se racheter une bonne conduite auprès de ses collègues qu’il a trahi pour obtenir l’écrêtement de Gérard Collomb au SEPAL (Syndicat mixte d’études et de programmation de l’agglomération lyonnaise) ou encore pour obtenir la communauté de communes de l’est lyonnais dont l’élection est contestée.

A Lyon, une fois n’est pas coutume il y a consensus sur le choix du candidat !

Le troisième candidat, bien placé, le plus connu, est Emmanuel Hamelin. Fort de son expérience de parlementaire, Hamelin est soutenu par la députée Dominique Nachury, Michel Havard, le nouveau maire du 6ème Pascal Blache et les élus de Lyon. Il avance droit dans ses bottes, récoltant les soutiens à Paris ou dans le Rhône, avec le député Christophe Guilloteau. Réussira-t-il à offrir à la Capitale des Gaules un sénateur qui serait bien utile à l’UMP ? La compétition s’annonce serrée au sein de la Commission nationale d’investiture ou le match peut encore se jouer à Lyon. Malheureusement on assiste à un match truqué qui risque de crucifier l’équipe.

Petits arrangements entre amis

En effet, un 4ème candidat se déclare le week-end dernier, après avoir refusé à de nombreuses reprises de se présenter pour raisons médicales. Il ne participe donc pas à la compétition et, de fait, n’a pas fait campagne. Âgé de 72 ans, Michel Forissier est pourtant poussé par le député Philippe Meunier. Lundi 23 juin 2014, à l’occasion d’une audition des candidats par quelques parlementaires présents, le même Forissier était dans le jury ?. Peut-on être dans le jury qui auditionne les prétendants, même au titre de secrétaire départemental de l’UMP du Rhône, et être en même temps candidat ? Peut-on être tout à la fois juge et partie d’un exercice démocratique, même consultatif ? Cela n’est pas fairplay.

A vouloir à tout prix défendre leur territoire, prétextant le nombre des grands électeurs dans l’Est, l’UMP avec ces bidouillages risque de faire fuir les voix de ceux-ci et de perdre le 3ème sénateur. La Commission nationale d’investiture ne pourra pas légitimement entériner cette vrai fausse candidature, surtout compte tenu du contexte à l’UMP dont l’image au niveau national est désormais déplorable. Il serait suicidaire de reproduire cet anti-modèle dans les territoires à travers des décisions dénuées de toute pertinence politique.

Un militant UMP du Rhône en colère