lotta-schelin Quand Barth déclare sa flamme à la ravissante Lotta Schellin – Photo © Saby Maviel

 

Par Jérôme Daquin

 

Les filles de l'Olympique lyonnais (OL), candidates au même titre européen que les hommes de Claude Puel, sont les ambassadrices enthousiastes d'un football féminin trop méconnu en France.

 

En demi-finale aller de la L'OL Ligue des Champions féminine, les Lyonnaises reçoivent samedi les Suédoises d'Umea, avant le match retour le 17 avril en Suède. Pour Farid Benstiti, entraîneur de l'OL féminin, les choses sont simples: "Si nous l'emportons, l'Olympique lyonnais pourrait être le seul club au monde à avoir deux équipes, masculine et féminine, en finale du Championnat d'Europe". Comme chez les hommes, l'OL féminin est une équipe très internationale. Parmi les 25 joueuses sous contrat, on compte deux Brésiliennes, deux Suédoises, une Costaricienne, une Suisse… Un atout pour Benstiti, d'autant "que certaines d'entre elles ont déjà fait une belle carrière, et c'est tant mieux pour l'OL qui s'efforce (…) de promouvoir le foot féminin". Les filles sont partantes, notamment Katia Cilene Teixeira da Silva, attaquante brésilienne de l'OL, meilleure buteuse de la Seleçao en 2002 et championne des Etats-Unis avec les Cyberrays de San Jose en 2003. "J'ai envie d'emmener le club le plus loin possible", dit-elle avec un large sourire.

 

"A Göteborg, je suis connue"

 

"J'ai aussi envie que les femmes jouent de plus en plus au football en France. Ici, je peux mener ma vie tranquillement. Aux Etats-Unis (où le foot féminin est très populaire), quand je sortais, il y avait toujours des gens pour demander une photo ou un autographe", ajoute-t-elle. Même son de cloche pour une autre attaquante, la Suédoise Lotta Schelin: "En Europe du Nord, nous sommes beaucoup plus médiatisées. Moi, à Göteborg, je suis connue". Sans complexe par rapport aux hommes, les filles de l'OL assument joyeusement "leur" football: "La différence est physique mais je pense que l'on a rien à envier techniquement aux garçons", explique la Française Elodie Thomis. "Moi, je ne vois pas trop la différence", renchérit Katia, la Brésilienne. "Si tu regardes un match de foot féminin, tu vas voir des filles aussi créatives que des garçons. La différence c'est la force… et la médiatisation". "Je suis sûre que le foot féminin va se développer en France. La victoire d'une sélection nationale en championnat du monde ou quelque chose comme ça, ça aiderait", commente Lotta Schelin. "Déjà, si on gagne la Ligue des Champions, ce sera énorme", estime Farid Benstiti, pour qui "les choses commencent à bouger". L'OL féminin compte 150 licenciées, mais avec un total de 50.000 licenciées, la France fait encore pâle figure à côté de l'Allemagne (plus d'un million) ou des Etats-Unis (1,5 million), deux pays où les matches féminins sont retransmis à la télévision. "Le foot féminin, c'est de la grâce, c'est plus calme que le foot masculin, c'est un spectacle à voir en famille. C'est pour ça que je sais qu'un jour, nous remplirons les stades", déclare l'entraîneur. Samedi, l'OL attend au moins 10.000 spectateurs à Gerland.