Lyon-au-fil-de-leau.jpg Lyon au fil de l’eau – Photo © Marco

 

 

Tribune libre d’Eric Lafond, Conseiller du 3e arrondissement de Lyon

 

Dans le classement international annuel élaboré le cabinet conseil Mercer, Lyon est situé au 39e rang pour la qualité de vie, Lyon perd une place cette année. Mais notre ville avait déjà perdu 2 places l’année précédente. Est-ce significatif d’une dégradation ?

 

En complément, l’étude présente aussi un classement du niveau des infrastructures. Sont évalués « l’approvisionnement en électricité, la disponibilité de l’eau, du téléphone, des services postaux, les transports en commun, les embouteillages et la gamme des vols internationaux… ». Or, Lyon n’apparaît pas parmi les 50 premières villes du monde.

 

En 2010 et 2011, deux autres classements avaient établi une comparaison avec d’autres villes dans le monde. Notre ville figurait ainsi parmi les 100 villes les plus chères du monde (99e), et se trouvait être la première ville française sur le critère « écocités » (32e) ; critère «  fondé sur de strictes questions environnementales comme la qualité de l’eau et son caractère potable, les qualités de l’air et de traitement des déchets. Il s’y ajoute la volonté politique des dirigeants municipaux de préserver l’environnement ». Nous pouvons être satisfaits tout en étant convaincus de la nécessité de faire mieux. Surtout depuis la publication cet été de l’étude démontrant les nuisances de la pollution atmosphérique sur la santé et l’espérance de vie des lyonnais.

 

L’ensemble appuie ce que nous disons depuis quatre ans, en critiquant la stratégie de développement mise en œuvre par la majorité municipale. Le « tout pour le rayonnement international» et l’attractivité par les loisirs et de la consommation de grands événements culturels atteignent leurs limites, et il est temps d’infléchir le projet pour Lyon.

 

L’absence de Lyon dans le classement des villes avec les meilleures infrastructures interroge davantage sur notre capacité à affronter les enjeux du XXIe siècle. A l’heure où se relance de nouveau le débat sur le TOP, initié rappelons-le en 1991, on peut se demander si cette infrastructure est encore d’actualité.

 

Améliorer la qualité de vie passe par des approches nouvelles sur les déplacements, l’accès aux services locaux de proximité (crèche, école), à l’éducation en général, mais aussi aux infrastructures sportives et de santé.

 

Dans le même temps, pour être en phase avec les enjeux économiques et sociaux, Lyon doit être davantage favorable aux entrepreneurs qu’aux promoteurs, davantage favorable à l’innovation et à la production qu’au tertiaire.

 

Nous en avons les ressources. Encore faut-il que la municipalité et le Grand Lyon fassent confiance aux acteurs locaux, incitent et soutiennent leurs initiatives. La place de Lyon parmi les grandes villes européennes reposera sur sa singularité, sur la qualité de vie offerte à ses habitants qui le lui rendront par leur dynamisme, leurs capacités créatives et innovantes, permettant de résoudre les difficultés contemporaines.