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Pointée du doigt pour sa gestion du conflit social qui l’oppose aux agents municipaux grévistes de la restauration scolaire, la Ville de Lyon dénonce les positions à géométrie variable de ses interlocuteurs syndicaux.

Dominique Bolliet avait donné le la. En séance du conseil municipal lundi 1er juillet, l’adjoint aux ressources humaines a mis au jour les interférences qui perturbent le dialogue social entre la Ville et les syndicats sur la question de la grève des cantines. « Nous sommes en face d’organisations majoritaires (FO, CFDT, CGT) qui jouent le jeu. A côté de cela, l’intersyndicale (Sud, CFTC, Unsa) joue son avenir sur ce mouvement », déplorait alors l’élu croix-roussien en salle des délibérations à l’Hôtel de Ville.

« Depuis 2012, en réponse aux évolutions majeures de la vie scolaire et périscolaire à Lyon, une réforme en profondeur a été lancée afin de revoir l’organisation du travail des agents de la Direction de l’éducation. Depuis 1 an, des rencontres mensuelles ont été proposées aux syndicats, pour avancer en concertation, et un diagnostic a été effectué école par école (…) Le processus de concertation a été rompu, pour laisser place à des revendications centrées sur l’embauche de personnels supplémentaires, imposant avec moins de 25% d’agents grévistes une paralysie de nombreuses cantines, au détriment des familles », dénonce la Ville par voie de communiqué.

Et la municipalité de détailler par le menu ses actions menées sur le sujet. « Depuis 2010, les effectifs du secteur éducatif de la Ville de Lyon sont en augmentation constante avec près de 115 postes créés (…) Le budget des ressources humaines de la direction de l’Éducation atteint 60 millions, soit 68% du budget de fonctionnement de la Direction (…) 250 000 € investis sur les conditions de travail, des évolutions de l’ergonomie et du matériel pour réduire la pénibilité des tâches. »

La Ville de Lyon estime qu’il est « désormais de la responsabilité de chacun de participer à cette évolution des services publics, dans le respect de l’intérêt général. » « L’augmentation du personnel ne peut être la seule réponse à l’amélioration des conditions d’accueil des enfants et de celles du travail des agents. »

Repas facturés mais non servis : la Ville s’explique

Cette dissonance entre la Ville et les syndicats impacte en premier lieu les parents d’élèves. Certains d’entre eux ont sonné la révolte en occupant jeudi 4 juillet  l’école Ferdinand-Buisson et l’école Jean-Macé pendant l’heure du déjeuner. Certains d’entre eux ont même reçu une facture décomptant des repas non servis pour la période du 1er au 5 juillet.  « La facturation des repas a été réalisée le 28 juin (…) alors que le préavis de grève n’avait pas été déposé pour juillet. Les parents impactés par la grève des cantines seront bien sûr régularisés sur les repas non pris. »