Par Marco Polisson et Morgan Couturier

Un voile de tristesse s’est abattu ce jeudi matin sur l’auberge étoilée à l’annonce du décès de Raymonde Bocuse, un an et demi après la disparition de son époux. Rien ne pourra plus les séparer.

On ne la croisera plus, élégante et réservée, dans la belle salle à manger de Collonges. Madame Raymonde s’en est allée rejoindre son Paulo des bords de Saône, cette nuit, sur la pointe des pieds. Très affaiblie depuis une dizaine de jours, l’épouse de Monsieur Paul est partie dans son sommeil. Elle avait 93 ans. Un nouveau coup dur pour la maison Bocuse, qui perd là une figure emblématique.Raymonde Duvert, de son nom de jeune fille, fut toujours considérée comme le premier amour du « cuisinier du siècle », qu’elle avait épousé en 1946, alors que le chef lyonnais se remettait à peine de son engagement dans les rangs de l’armée française.

Installée à Saint-Rambert-l’Ile-Barbe, elle avait séduit Monsieur Paul à tout juste 16 ans. Une aide précieuse, qui mena le restaurant de Collonges jusqu’au Graal, et l’obtention de trois étoiles Michelin. Néanmoins, le plus beau des cadeaux demeura la naissance de Françoise Bocuse-Bernachon, que le couple avait célébré un an à peine après son mariage. Nous présentons à sa fille Françoise, à l’ensemble de sa famille et aux collaborateurs de l’auberge de Collonges nos sincères et amicales condoléances.