Par Morgan Couturier

La démolition des deux tours Lyautey la semaine dernière, initie un profond chambardement du paysage rilliard, la municipalité misant désormais sur des « logements à taille humaine ».

Une forte explosion suivie d’un épars nuage de poussières. La destruction des deux tours Lyautey a fait le tour du web. Cette procédure impressionnante était rapidement devenue vitale aux yeux de la municipalité, tant ces barres de quinze étages étaient « dans un état lamentable », décrit Julien Smati, premier adjoint du maire. « La qualité de vie était médiocre, avec de réels problèmes d’insécurité, ces logements étant loin des normes en vigueur », détaille-t-il. Malgré l’ampleur des contraintes qu’occasionne un tel dispositif (275 kilogrammes d’explosifs utilisés, ndlr), cette démolition n’a pas vocation à rester un cas isolé. Cette mesure s’intègre dans une logique plus large de rénovation urbaine, la municipalité souhaitant faire la part belle aux « habitations à taille humaine ». « Des immeubles de quatre étages, précise l’adjoint à la sécurité, tourné vers un habitat plus hétéroclite. Avec 57% de logements sociaux, Rillieux possède le plus fort taux de la Métropole. La tendance va vers la copropriété ».

Cinq démolitions prévues d’ici 2020

Cette nouvelle politique, initiée par la destruction de ces deux tours des années 70, coïncide avec la démolition programmée de nouvelles bâtisses. En l’occurrence, cinq, à l’horizon 2020. Dont une prévue l’année prochaine. « Nous allons tirer les enseignements de l’expérience des grands ensembles pour basculer vers le vivre ensemble, poursuit Julien Smati. Nous souhaitons revenir vers une plus grande mixité, mélanger les origines et les confessions ». Mais pour arriver à ses fins, un tel projet nécessite avant tout une vaste campagne de relogement des personnes concernées. Comme ce fût le cas pour les tours Lyautey, où les résidents ont été pris en charge deux ans et demi avant la disparition des immeubles incriminés. « Le relogement s’est bien passé. Le bailleur a pris en compte le désir des habitants, détaille le bras droit d’Alexandre Vincendet. Nous avons fait en sorte que la hausse des loyers, inhérente à ces déménagements, n’explose pas. Les résidents ne  pouvaient pas payer plus. Cependant, ils ont gagné en qualité de vie ». Une chose est sûre, dans les cendres des tours Lyautey, Rillieux-la-Pape a sans doute fait rejaillir son paysage de demain.