Propos recueillis par Morgan Couturier

Son emploi du temps se partage entre les bancs de l’école et les représentations pour le compte du comité Miss Rhône-Alpes. Un nouveau rythme pour la jeune lyonnaise, qui doit jongler avec sa récente notoriété . Pas de quoi l’effrayer pour autant. La jeune femme profite de l’instant présent. En particulier lorsqu’elle doit rendre visite aux jeunes enfants malades de l’IHOPe, cadre de notre entretien.

Comment est-venue l’idée de participer à Miss France ?
C’est un collègue de travail qui m’a demandé si ça me plairait d’aller voir une élection de Miss. J’ai dit pourquoi pas, je ne connaissais pas du tout. Moi, c’est plus short basket et le dimanche on fait la tournée des gymnases de France (elle pratique le volley, ndlr). Je n’étais pas du tout tournée autour de la beauté et de l’élégance. Puis en allant à l’élection, j’ai bien accroché. Et il m’a incité à m’inscrire à un comité. Je n’étais pas du tout d’accord, mais il a appelé le président du comité Miss Rhône et m’a inscrit à mon insu. J’ai reçu un mail du président et j’ai compris que ce n’était pas une blague.

Comment avez-vous réagi ?
J’étais terrifiée, je ne savais pas du tout ce que j’allais faire, si j’allais appeler pour annuler ma candidature ou non. Puis j’en ai parlé autour de moi et on m’a dit « lance toi, c’est un nouveau défi, prends ce qu’il y a à prendre ». J’ai donc décidé de me lancer. Mais dès les premières répétitions, j’ai vu que ce n’était pas trop mon univers. Je voyais que j’étais un peu décalée par rapport à d’autres filles qui étaient dans la compétition. Venant d’un sport collectif, j’étais plutôt dans l’entraide que dans la perspective d’écraser les autres pour sortir du lot.

À quel moment avez-vous réalisé que vous alliez participer à l’aventure Miss France ?
C’était tellement dans le speed que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour réaliser. L’élection Miss Rhône-Alpes est une des dernières élections qui est organisée en France. Le temps de préparation est donc très court. Je n’ai eu que trois semaines. À partir de là, j’ai vraiment réalisé quand je me suis retrouvée à Paris avec les 29 autres candidates.

Comment avez-vous vécu l’effervescence médiatique qui entoure le concours ?
Finalement, plutôt bien, parce que j’appréhendais un peu et puis au fur et à mesure, j’ai pris confiance en moi. J’avais de moins en moins peur de parler publiquement.

Quel est votre meilleur souvenir de cette aventure ?
C’est très difficile de choisir un seul souvenir, parce que c’est l’ascenseur émotionnel tout le temps. On en prend plein la tête pendant un mois. J’ai été 5 jours à Palm Springs en Californie, 5 jours à Los Angeles, j’ai parcouru les collines de Hollywood à cheval. Mais je vais rester sur deux souvenirs, la balade à cheval et quand on est arrivé à Châteauroux et qu’on a fait le tour de la ville pour nous présenter au public. Tu passes d’inconnue à surmédiatisée. Ce sont des sensations que je n’aurais jamais pu connaître auparavant.

Vous avez créé un groupe Facebook entre Miss pour continuer à vous écrire, êtes-vous toujours en contact avec certaines d’entre-elles ?
On pose un message de temps en temps, mais j’ai vraiment gardé contact avec 4 autres miss avec lesquelles on a déjà prévu de se revoir.

De qui s’agit-il ?
Il s’agit de Miss Franche-Comté (Mathilde Klinguer), Miss Côte d’Azur (Julia Sidi Atman), Miss Provence (Kléofina Pnishi) et Miss Guadeloupe (Johane Matignon).

C’est la première fois que vous vous reverrez ?
(Elle grimace). Malheureusement, j’ai déjà raté deux rendez-vous. J’avais des prestations en tant que Miss Rhône-Alpes, mais on va essayer de se revoir au plus vite. Ces personnes, je ne les connaissais pas et maintenant, c’est vraiment des amitiés très fortes. On vit les émotions, le stress ensemble et on voit l’entraide qu’il peut avoir lors de cette expérience.

Au moment des discours, vous avez un léger bafouillage, que s’est-il passé ? Comment ça se passe dans votre tête ?
(Elle esquisse un sourire). J’ai été perturbée par l’annonce. Je vois que mes copines ne sont pas dans le Top 12 et ça me fait un petit choc. Quand j’ai été appelée, j’ai été surprise et en même temps, j’étais en train de réfléchir à ce qui s’était passé avant. Top 12, ça veut dire que j’ai été irréprochable pendant un mois, qu’on m’a choisi pour mon attitude, sur mes valeurs, la façon d’être avec les autres. Je suis quelqu’un de sincère, et à ce moment-là, je n’ai pas réussi à passer au-dessus de mes émotions. J’ai eu un petit bug, ça peut arriver à tout le monde.

Vous le dites, vous êtes une personne émotive, est-ce qu’il y a de la déception de ne pas rejoindre les 5 finalistes ou le Top 12 était déjà une belle performance ?
Forcément, j’ai été déçue de ne pas pouvoir emmener ma région un peu plus loin, mais j’étais aussi très contente d’être dans le Top 12. Il faut savoir que c’est quand même 2000 candidatures Miss France avant d’arriver sur le plateau des 30. J’ai vécu une expérience unique.

« C’est toujours spécial de voir des personnes me reconnaître parce qu’ils m’ont vu à la télé »

Comment avez-vous vécu l’instant présent du prime ?
C’est très perturbant, parce qu’on l’attend avec impatience et en même temps, c’est la finalité de l’aventure. Il y a un milliard de choses qui se passent dans la tête. On pense le vivre à fond et en même temps, on pense à la fin. Ça m’a un peu perturbé. Je n’ai pas assez vécu le moment présent parce que je me rendais compte que c’était la fin d’une belle aventure.

Après l’élection, la tendance est souvent de se jeter sur la nourriture, sur quoi avez-vous craqué ?
(Elle rigole). J’ai un petit peu abusé. J’ai fait la tournée des snacks. Je me suis bien rattrapé. Je suis assez gourmande. J’ai fait McDo, KFC, buffet à volonté, trois ou quatre raclettes. C’était les périodes de Noël, je n’allais pas me priver. Il faut savoir profiter des bonnes choses (rires).

Comment vivez-vous votre nouvelle notoriété ?
C’est toujours spécial de voir que des personnes peuvent me reconnaître parce qu’ils m’ont vu à la télé. Mais c’est hyper touchant, parce qu’il y a des personnes qui peuvent m’écrire des romans pour me dire que je suis un exemple. Et je suis très heureuse de profiter de cette notoriété, pour apporter un petit coup de pouce à des associations. Pour l’instant, c’est que du bonheur.

Vis-à-vis des hommes, les demandes ont-elles explosées depuis que vous êtes Miss ?
(Elle éclate de rire). Forcément, oui, il y a toujours des demandes, mais mon cœur est pris donc je ne regarde pas trop ce genre de messages.

Vous avez repris votre cursus en communication, vous ne vouliez pas profiter des opportunités générées par l’élection ?
Je voulais d’abord finir mes études pour avoir un Bac+5 avant d’utiliser les contacts que j’ai pu avoir. Mon année, en tant que Miss Rhône-Alpes, se finit en octobre, donc j’ai encore le temps de trouver autre chose pour la fin de mes études. J’ai pris des contacts, mais je ne peux pas jongler entre une expérience professionnelle dans la communication, mon année de Miss Rhône-Alpes et mon année scolaire.