body1 Photo © Fabrice Schiff

 

Par Domitille Servajean 

 

De véritables corps humains disséqués et révélés à l'air libre pour que l'on puisse observer os, nerfs, muscles, et organes internes c’est ce que propose « Our Boby », une exposition anatomique qui se tient pendant deux mois à la Sucrière.

 

body2  Le monde culturel est partagé sur cette exposition. D’un côté, il ne faut pas nier que cette exposition unique au monde est exceptionnelle. En effet, éducative, elle permet de révéler au grand public ce que seuls les médecins et anatomistes sont amenés à étudier. « C'est un voyage au coeur du corps, une vraie leçon éducative et une vulgarisation positive qui va établir des ponts entre la médecine et le grand public », explique le producteur français de l'exposition, Pascal Bernardin, lors de l'inauguration. "On ne cherche pas à faire du sensationnel, a-t-il souligné. Le sujet est sensationnel, mais légitime." Ce travail pédagogique très complet se base de légendes explicatives, des écrans vidéo et un programme audio guide. Etats-Unis, Australie, Japon, Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne, Espagne, Portugal… 30 millions de visiteurs dans le monde ont déjà arpenté les différentes salles de cette exposition. Mais cette étalage dérange et pose de nombreux problèmes d’éthique. En soit l’idée semble originale et instructive mais utiliser des cadavres, n’est-ce pas inhumain ?

 

body3  Car ici tout est vrai, aucun artifice, les cadavres exposés sont de vrais corps humains de Chinois qui ont fait don de leur corps aux centres de recherches, laboratoires et universités chinoises. Mais d’où viennent ces corps ? De condamnés chinois ou tibétains ? Ont-ils étés achetés sur l’étal d’un marché ? A cela le professeur Enhva répondra que ces corps ont été donnés par les centres de recherche chinois en respectant les lois chinoises. Mais selon le conseil consultatif d’éthique, exposer nu sans même la peau sur les os viole la dignité post-mortem. Montrer des morts sur un vélo ou jouant aux échecs n’a rien d’artistique. La solution idéale serait de remplacer les cadavres par des représentations afin de rallier anatomistes et grand public. Selon Olivier Gagey, «  les moyens techniques aujourd’hui n’existent pas pour reproduire le corps avec un tel luxe ». Car afin que cet événement soit « plus vrai que nature », les corps sont conservés grâce à un procédé connu sous le nom d’imprégnation polymérique qui remplace les fluides corporels par des polymères afin de créer des spécimens anatomiques solides et durables, presque éternels. Cette exposition pose donc un réel débat éthique. Pédagogique ou inhumain ? Voyeurisme morbide ou performance culturelle ? En famille ou entre adultes ? C’est à vous de voir… Du 28 mai au 3 août 2008 La Sucrière47, quai Rambaud – LYON 2Mardi, mercredi, jeudi de 12h à 20hNocturne le vendredi jusqu’à 22hSamedi et dimanche de 10h à 20hPlein tarif : 15,50 €