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Le
Courrier des lecteurs
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vos impressions en ligne !
Notre première soirée présidentielle
A 18h, nous connaissions déjà le visage de notre
nouveau Président. Direction le Q Boat, le
bonheur des sympathisants UMP ne pouvant se
manquer. Temps sublime. File d'attente, de plus
en plus longue à l'entrée. Seuls les adhérents
peuvent pénétrer l'antre des gagnants. Et
jusqu'à 19h45, le rosé coule à flot sur le
pont. Compte à rebours, nous filons vers le bar
du bas, autrement dit, vers les écrans plats.
« Sarkozy Président » haut le chur et en écho
sur toutes les lèvres. De même, l'écoute et la
vision de Ségolène provoque des « Ouhhhh » dans
tout le bateau. 5, 4, 3, 2, 1... Le Q Boat
tremble ! Les sympathisants hurlent leur
bonheur. Contagieux. En haut, en bas, sur le
quai. « La Marseillaise » enflamme le paquebot
de fierté. Plus de 1000 personnes ce soir au
comble de la satisfaction. 19 millions en
France. Les journalistes de Lyon Capitale
font la gueule. Rien d'étonnant. Champagne ! La
fête peut commencer ! Un brin d'animation ? Il
suffisait de demander ! « Ils s'attaquent au
Q Boat ! ». D'ores et déjà les CRS s'arment
devant le Pavillon Doré, Ford Mondéo de la BAC
lyonnaise et stéphanoise, gendarmes mobiles et
CRS commencent à encercler la presqu'île. Le
Pont Wilson est bloqué. 500 manifestants venus
balancer pierres, cannettes et autres
gentillesses sur les jeunes UMP, dont l'un d'eux
dans le Rhône. Rue de la République, nous les
rattrapons. Alternance de « Sarko, le peuple
aura ta peau » ou encore de « Sarkozy,
immigré, c'est l'hôpital qui se fout de la
charité ». La peuplade, encore calme, se
dirige place des Terreaux. « Ce serait drôle
que Gégé sorte et lance un « Je vous ai
compris » du balcon ! » s'exclame un
journaliste du Progrès. Sur la place, ils
chauffent ou tournent en rond ? Sur la statue,
trône à présent le drapeau rouge. Aux couleurs
de leurs émotions. Poursuite de cette marche
vers Bellecour. Dix minutes plus tard, nous y
sommes. Toutes les rues perpendiculaires sont
prises d'assaut par la BAC. « C'est
dangereux, on ne passe pas, on vient de balancer
des gaz lacrymogène.» Sourire enjôleur.
Merci Messieurs. « Attention, ça pique les
yeux ». « Bonne cuvée cette année ! »
se targue un CRS. Jusqu'au fond de la gorge, on
la sent bien également. Pull autour du visage,
nos pas se rapprochent des festivités. A nos
pieds : du verre, des poubelles en feu. Vent
calme. Il est 22h40. Obligées de se glisser dans
les encadrements du Crédit Mutuel. A côté des
CRS, nous en prenons plein la gu... Bouteilles,
poubelles, barrières... Flash ball, lacrymogènes,
pas de charge, arrestations. La peuplade ne se
démonte pas. Durant vingt bonnes minutes, nos
curs s'enflamment au rythme des tirs, nos corps
tremblent mais s'habituent. Le calme retentit.
Nous avançons sur la place. Tellement fières.
Ils n'ont pas peur. Ils n'ont plus peur. Les
provocations recommencent. Cette fois rue
Gasparin. Les forces de l'ordre évacuent déjà
toute la partie côté Rhône. Repoussés vers
Victor Hugo et rue de la Charité. Plusieurs cars
de CRS font leur entrée. « Mais qu'est ce qu'ils
font, on dirait qu'ils s'entraînent ! » ajoute
moqueur notre interlocuteur. Apparemment,
l'ordre est donné. Assaut sur les manifestants.
En trois minutes, la place Bellecour, vidée
retrouve sa tranquillité et ses habitants aussi.
Prise de réaction des habitants du quartier :
aucun regret sur le choix de la majorité.
Vivement le 16 mai.
Anne-Laure de La Feuillaie et Anne-Sophie
Secondi,
le 8 mai 2007
A
suivre, Pensée stérile

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