Par Yves Espaignet

Les premiers effets sur la circulation automobile autour de la gare de la Part-Dieu sont aujourd’hui les seules perceptions du grand projet d’aménagement dont l’issue est fixée en 2023 !

Il permettra d’avoir une gare plus vaste et plus fonctionnelle, ouverte sur la ville, sans omettre de citer un nouveau symbole du développement du quartier d’affaires avec la construction de la tour « To-Lyon » par Vinci-Immobilier. Ainsi, le lourd défi de Thomas Allary, directeur territorial de SNCF Réseau (Auvergne Rhône-Alpes) est d’assurer le meilleur service aux usagers pendant le déroulement de ce chantier hors normes. Cette priorité est celle qu’il défend au sein du comité de pilotage du PEM (pôle d’échanges multimodal) regroupant tous les acteurs publics, privés et les collectivités engagées dans le projet. Et de souligner les futurs atouts de la nouvelle gare qui pourra mieux « fluidifier les circulations des voyageurs en ouvrant des accès supplémentaires, un doublement de l’espace d’accueil et également celles des trains avec la création de la ligne L (12ème ligne). » Desserrer le « nœud ferroviaire lyonnais » (1), améliorer le réseau ferré régional, tout en pilotant l’imposant chantier de la Part-Dieu, tel est son ordre de mission. A cela s’ajoute le lourd contexte national où les critiques fustigent une SNCF ne répondant aux exigences attendues de qualité dans ses services aux usagers. Indéniablement, il est des ambiances de travail plus sereines. Mais Thomas Allary sait manier le verbe pour éviter les pièges et se veut l’avocat le plus ardent de de l’action de la SNCF. Aussi, il ne dissimule pas les contraintes imposées par le chantier : « les travaux sur les voies pour développer la nouvelle ligne feront que moins de trains circuleront. Un équilibre sera recherché avec le renforcement du trafic de la gare de Perrache. Les horaires des trains de fret seront modifiés pour privilégier au mieux le trafic voyageurs ». 

Contrôle des voies par drône

Il décrit rapidement les premières phases des travaux. Dès ce mois de mars, la place Béraudier (côté Part-dieu) sera fermée en raison des aménagements prévus pour les trams et le métro et la démolition des hôtels occupant le site de la future tour mais un accès « piéton » sera maintenu. Les accès voyageurs (côté Villette) seront réduits par la pose des piliers en béton de soutien à la voie. Le parking des loueurs sera quant à lui déplacé au sud de l’avenue Pompidou. Cette artère (entre Vivier Merle Villette) va être fermée pour permettre la réalisation d’accès directs aux quais. C’est le paradoxe de l’opération urbanistique de la Part-dieu qui exige de réduire les actuelles liaisons pour parvenir à faire de la gare « un centre de quartier, véritable lieu de vie, d’échanges et de travail. » Ces « désagréments » ne doivent pas occulter les multiples modernisations du réseau (plus de 700 millions d’euros de travaux programmés en 2018) améliorant le fameux « nœud ferroviaire lyonnais ». L’électrification des voies du Port E. Herriot permet des mouvements plus rapides du fret ; le rattachement du secteur des voies de stationnement (dit Brotteaux) au centre d’aiguillage général facilite ceux des trains TGV. Enfin, Thomas Allary tient à affirmer, selon son expression, la « robustesse du service aux usagers avec des trains à l’heure », la robustesse également « des travaux menés dans les délais impartis » pour ne pas perturber le trafic. Pour cela, SNCF Réseau innove avec le contrôle des voies par drone ! Un système de gestion satellitaire est développé sur la ligne LGV Paris Lyon afin de faire passer les cadences horaires des rames TGV de 12 à 16 (à l’horizon 2021). Une signalisation pilote sur la ligne Annemasse Genève permettra de tester l’arrivée de deux trains sur une même voie. Mais pour le présent, le public lyonnais devra faire preuve d’adaptabilité et de patience !

  • Le nœud ferroviaire lyonnais est le carrefour français le plus important concentré sur une gare avec les lignes TGV, les TER et le transit du fret européen !