À Lyon, le pôle de compétitivité dédié à la chimie et l’environnement est maintenant présidé par la responsable de l’Institut Français du Pétrole (IFP). Une nomination qui fait sens, quand on considère les initiatives de l’IFP pour la recherche dans les énergies nouvelles et la transition écologique.

Pétrole et énergies nouvelles : deux domaines qui peuvent cohabiter ?

C’est en tout cas ce que pense Cécile Barrère-Tricca, qui prend la tête du pôle Axelera. Comme elle l’explique à la Tribune Auvergne-Rhône-Alpes dans une interview : « A titre personnel, je me retrouve totalement dans les ambitions d’Axelera qui vise à conjuguer chimie et environnement. Cela fait écho à mon action au sein d’IFP Energies Nouvelles pour une industrie éco-responsable. »

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Car on ne le sait pas toujours, mais l’IFP est en réalité nommé IFP-EN, pour Énergies Nouvelles. Le centre de recherche s’est petit à petit ouvert à la transition énergétique. Si le cours du pétrole en temps réel risque de flamber, et si l’écologie est devenue le pôle majeur de discussion en cette fin d’année, Mme Barrère-Tricca entend donc équilibrer au mieux ces deux domaines, afin de continuer à promouvoir le développement économique de Lyon : « Axelera accompagne les acteurs de ces filières par des actions concrètes en termes d’innovation et de développement économique, et c’est ce qui me motive. »

Cécile Barrère-Tricca est Ingénieure et Docteure en chimie et physico-chimie de l’Université Pierre et Marie Curie. Elle a intégré IFP Energies Nouvelles dès 1998 et est devenue cheffe de projet en 2001, afin de mieux traiter les fumées et gaz. En 2006, elle porte un nouveau projet centré autour des biocarburants. Son mandat au sein d’Axelera durera deux ans, elle pilotera les projets du pôle qui est entré dans sa phase 4 depuis le début de l’année.

Axelera, un pôle d’importance pour l’agglomération lyonnaise

Axelera rassemble les acteurs des filières Chimie et Environnement. Il dispose actuellement de 365 membres, mais compte dépasser les 500 d’ici à l’année 2022. Le pôle a pour l’instant un bilan positif : il a permis de porter 345 projets lors de sa phase 3, qui s’est achevée récemment. Il a été labellisé par le gouvernement français en début d’année. Au total, ce sont 925 millions d’euros qui ont pu être levés pour financer les projets. Parmi les membres fondateurs de ce pôle, on trouve des acteurs d’ampleur dans le domaine de la transition énergétique : le CNRS, Engie et Suez notamment.

Tout au long de ses phases successives, le développement d’Axelera se fera autour de trois piliers du développement durable : l’environnement, l’économie et la société. Pour cela, Axelera a élaboré cinq grands axes de développement. Il souhaite favoriser le renouvellement des matières premières, développer des usines éco-efficientes, utiliser des produits responsables, les recycler, ce qui permet de préserver et restaurer les espaces naturels et urbains. La transition énergétique devrait être un moteur phare pour la ville de Lyon dans la décennie à venir : nul doute qu’Axelera occupera donc un rôle clef pour répondre à ces nouveaux enjeux.