Fly-Emirates-01.jpg Photo © Aéroports de Lyon/O. Chassignole

 

 

Par Benjamin Solly

 

Après le décollage du premier appareil de la compagnie Emirates depuis l’aéroport Lyon Saint-Exupéry, la compagnie internationale basée à Dubaï lève le voile sur ses ambitions entre Saône et Rhône.

 

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Mercredi 5 décembre 2012. 20h. En provenance de Dubaï, l‘Airbus A340-500 aux couleurs d’Emirates atterrit sur la piste de l’aéroport lyonnais. Applaudissements des officiels, réunis dans le salon Equinoxe du centre d’affaire. Le réseau Emirates, fort de 126 destinations à travers le monde, est désormais accessible depuis Lyon Saint-Exupéry. « C’est une opportunité fantastique » ,  se réjouit dès le lendemain Philippe Bernand, président du directoire des aéroports de Lyon, lors de la rencontre avec la presse. Avec un taux de remplissage de 84% pour ce vol inaugural, le lancement de la ligne est un succès. « Nous visons 60% pour cet hiver, et 70% dès le printemps 2013 » , embraye avec gourmandise Thierry Antinori, vice-président exécutif d’Emirates.

 

Lyon présente, pour la compagnie aérienne, une opportunité « majeure. » Une attractivité liée à son dynamisme entrepreneurial, à son tissu très performant de TPE et de PME, mais également à son offre multimodale d’infrastructures de transports. « Je me disais en arrivant à Lyon que nous aurions du y venir plus tôt. » Après Paris et Nice, la capitale des Gaules est la troisième destination française d’Emirates. A raison de cinq vols par semaine, la clientèle business ou tourisme peut désormais décoller de Lyon. « Le point le plus naturel pour aller de Lyon en Asie n’est plus Paris mais Dubaï » , se félicite Antinori. Une porte d’entrée vers des marchés juteux pour les businessmen lyonnais ? « Plus de 2500 entrepreneurs attendaient cela avec impatience » , confirme le président de la CCI de Lyon Philippe Grillot.

 

 

Emirates veut augmenter l’offre « dès demain »

 

À tel enseigne qu’Emirates veut désormais passer la surmultipliée. « Nous sommes prêts à assurer un vol par jour sur le Lyon-Dubaï » , avance le dirigeant. « Ce n’est pas du blabla ou du bluff » , continue Antinori. Pourquoi dès lors ne pas augmenter la jauge dès maintenant ? « Nos droits de trafic sur la France sont réduits à 31 vols par semaine. Si nous arrivons à 35, nous ferons un vol quotidien au départ de Lyon. Si nous passons à 42, nous ouvrirons, Marseille ou Toulouse. » Preuve de sa volonté de pérenniser l’aventure lyonnaise, la compagnie, qui compte déjà 15 collaborateurs à Lyon Saint-Exupéry, ouvrira une agence dans le quartier de la Part-Dieu à partir de février 2013. « L’objectif, c’est d’accueillir du public et d’apporter du service, ce n’est pas d’aller chercher encore plus de chiffre d’affaires. »

 

Un plan de vol rêvé pour Emirates à Lyon. Mais d’autres compagnies, avant la séduisante dubaïote, se sont déjà cassé les dents sur le tarmac de l’aéroport lyonnais. La ligne Lyon-New-York a fait l’objet de quatre tentatives, la dernière en 2009. Echec total. « Cela s’explique, les exploitants étaient des compagnies des XIX et XXe siècle » , glisse-t-il. Bon mot ou cynisme ? Delta Airlines appréciera… Mais la volonté d’Emirates est réelle et dictée par une vision idéale de la synergie entre Lyon et Dubaï. L’émirat redevient l’Eldorado potentiel des entrepreneurs lyonnais. 

 

 

L’échec de Lyon Dubaï City, un précédent inquiétant pour les entrepreneurs ?

 

Ce n’est pas la première histoire d’amour entre Lyon et Dubaï. Flashback. En visite à Lyon, l’investisseur dubaïote Buti Saeed Al-Gandhi tombe amoureux de la ville. Il imagine en reproduire certains quartiers à Dubaï, ajoutant des partenariats culturels et universitaires à l’idéal cahier des charges du projet. Lyon Dubaï City est même gravé dans le marbre municipal lors de la signature d’un protocole d’accord entre Gérard Collomb et Al-Gandhi le 9 janvier 2008. Le projet est depuis resté lettre morte. La crise en 2009 qui a secoué l’émirat a eu raison de ce fol amour. « Dans les dix ans, ce sont près de trois trilliards d’investissements qui seront réalisés dans la région de Dubaï », rassure-t-on côté dubaïote.