Photos © Fabrice Schiff

  Par Françoise Petit

  Marie-Pierre Caille mène sa vie de château au rythme d’une femme chef d’entreprise. Mentone est un extrait de paradis cultivé avec soin, amour et minutie. Auprès des cigales qui chantent tout l’été, notre lyonnaise fourmille d’idées, créé et active ses projets.

02.jpg Le portail en fer forgé sert d’élégante frontière entre la vie civile et un rêve éveillé.  Avant d’apercevoir les vases d’Anduze, l’allée de platanes nous plonge dans un roman de Flaubert ou de Balzac : chevaux, diligence, musique du gravier qui pétille sous la semelle,  belle dame au perron. Retour en 2011 ! Bien dans son siècle, Marie-Pierre Caille sait donner du relief à sa vie ne ménageant pas sa peine pour combiner travail et harmonies. Que d’étapes franchies depuis sa première visite au château Mentone. 2003. A Saint Antonin du Var, la propriété de la comtesse Gabrielle Marie-Renée Perrot de Gasquet cherchait acquéreur. L’endroit est magnifique avec vignoble en bonus doté de  l’appellation « Côtes de Provence » ! Dans la famille Caille, le vin est un art de vivre, une façon de communiquer et d’investir. En 2002, Roger Caille et son fils ouvrent le bal au « château l’Arrosée ». Loin de Saint-Emilion, autres cépages, nouvelle page pour la sœur de Jean-Philippe. Château Mentone avait besoin d’un nouveau souffle, de renaître à la vigne autour d’un projet cohérent. Marie-Pierre encouragée par son père sait que la tâche est immense, des travaux doivent être entrepris, mais à fleur de parc quel potentiel sur 170 hectares. Dans cette bulle de verdure baignée de soleil, chapelle, fontaines, tonnelles et pergolas exhument leurs mystères et dopent la mère de Nicolas et Martin. Forte de ses expériences professionnelles au sein de Jet Service , de la Lyonnaise de Banque ou aux commandes de « Manganèse », la fille de Roger Caille construit son propre univers. Pas facile pourtant… Château Mentone sera sa terre d’expression. Une vraie réussite dans une confidentialité voulue. Le résultat aurait comblé ce « papa », parti trop tôt et qui avait mis sa « retraite» en mode tendresse. Chambres d’hôtes, gîte, appartements et ferme à louer, piscine, tennis, dîners, petits déjeuners ou paniers pique-nique, salle de séminaire, cave, spa, rien ne manque.  Chaque objet raconte une histoire, chaque espace est  justement décoré, un zeste de passé une pointe de modernité. Marie-Pierre Caille qui succède à une Comtesse joue au château la carte d’un délicieux tourisme avec la complicité de Cyril son compagnon.  

 

Château Mentone

83510 Saint Antonin du Var

04 94 04 42 00

www.chateaumentone.com

 

 

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03bis.jpg Séjourner au Château Mentone

 

*Le Château : 5 chambres d’hôtes, un spa, 2 salles à manger, 1 salon bar, 3 terrasses, piscine, tennis

*Le Sévigné : 3 petits appartements de rêve  à la déco chaleureuse et design, salle à manger dans les arbres, aire de jeux d’enfants pleine de charme et de surprise. Au même endroit un futur « lodge » 3 appartements concept écologique.

*La Magnanerie, 135 m2 de terrasse, vue sur les vignes et salle affaires, séminaire, mariage, événementielle

*Le Moulin (gîte de France 5 épis) maison de vacances à louer à la semaine : 6 chambres, piscine privée, terrasses, cuisine d’été

 

C’est vraiment bio, le credo de Marie-Pierre :

« Ayant  à cœur de préserver ce magnifique patrimoine, nous réalisons d’importants travaux de rénovation pour sauvegarder les bâtiments et assurer leur connexion avec  le monde moderne. Mais nous accordons une importance toute aussi grande à la nature environnante ; nous suivons ses rythmes tenant compte des phases lunaires pour planter, récolter, travailler le sol. Nous avons opté pour une reconversion totale du domaine (vignoble, oliveraie, verger, potager) en agriculture biodynamique, alliant le respect des plantes et celui du sol. »

 

 

Les Eléonores de Provence

Comme Marie-Pierre Caille, Fabienne, Elizabeth et Marie font partie de l’association « Les Eléonores de Provence »*. Elles défendent avec enthousiasme et détermination le   patrimoine et les traditions provençales, autour du vin, de la gastronomie et des arts de la table.

 

*Eléonore de Provence fut l’une des premières ambassadrices à l’étranger de l’Art de Vivre  lorsqu’elle épousa en 1236 Henry III d’Angleterre

1.jpg Fabienne Guieu 

 

Nos chères abeilles ont du bon dans les ailes… Elles volent pour butiner des parfums de forêts de champs de lavande ou de  fleurs de montagne. L’apiculture porte l’accent du sud, Fabienne Jullien Guieu parle avec passion, du sujet et semble  incollable ! Pleine de vie, de charme et d’enthousiasme, cette belle femme reconnaît à l’aveugle tous types de miel. Porte-parole des « Ruchers du Bessillon », Fabienne travaille à promouvoir en famille  les  nectars mis en pots. Au château Mentone, séance dégustation et explication sur la puissance de goût ou d’onctuosité des dizaines de miels différents. La nuit une soixantaine de ruches selon la floraison est transportée par camion. Cette  transhumance dans des endroits précis développe et commence la différentiation des miels. L’acacia dans l’Isère et l’Ain, le sapin dans le Jura,  le châtaignier et les bruyères dans Les Maures par exemple. Si l’on aime évoquer aujourd’hui ce type de production se profile la mondialisation des marchés, alors pour retarder cette vilaine tendance, achetons notre miel aux petits producteurs et à Fabienne en particulier !

Les ruchers du Bessillon

Vente sur place ou internet

Cours Gambette 83570 Cotignac

Miellerie Lou Camp d’Andriou

Route d’Encastreaux 83570 Cotignac

www.ruchersdubessillon.com

2.jpg Elizabeth Monclaire

 

C’est une très belle maison créant des collections exclusives pour les arts de la table, couleurs et formes se déclinent en grès, faïence, terre cuite ou verre. Des pièces uniques, des produits en étain, de l’orfèvrerie d’inspiration française et méditerranéenne, complètent les univers dessinés à Flassans-sur-Issole. Avec son mari Jean Hubert Robin Monclaire, Elizabeth veille en chef d’entreprise sur cette vaisselle d’exception qui s’affiche fièrement sur les tables d’été ou de fêtes. Les formes ondulantes d’une tasse à thé ou les contours festonnés d’un saladier sont caractéristiques de la marque. La Société Anthéor fabrique en partenariat avec une usine au Portugal. Tout est fait à la main, et d’une rare beauté. Les USA, Russie, Italie, sont friands de cette vaisselle. Consécration, une   assiette s’affiche dans la maison de Bree de la série « Desperate Housewives » !

www.antheor.com

 

3.jpg Marie Franqueza

 

D’entrée, on sait que Marie peut déplacer des montagnes ! 20 ans cette année que cette fabrique de saveurs cuisine l’excellence du terroir. La pétillante directrice générale « au Bec Fin » concentre tous les parfums de Provence dans des plats à l’ancienne ou revisitées. Elle régale le golfe de St Tropez de confits d’artichauts, soupes de poissons ou pistou, gaspacho, sardinades, caviars d’aubergines, truffades, aïolis, soupes de pistou ou  de fèves crèmes d’anchoïade etc… Ces produits du cru, travaillés comme à la maison  sont truffés de  soleil et de goûts d’antan. Pas étonnant que le monde entier se régale  des recettes du « Bec fin ». De Cogolin à Dubaï en passant par Singapour, la pure tradition provençale se hume et imprime sa volupté sous le palais. A déguster sans modération.

 « Au bec fin »

2, avenue de Valensole à Cogolin

www.au-bec-fin.com

4.jpg MARIE-PIERRE CAILLE PRESSÉE PAR JEAN-JACQUES BILLON

«  Je suis venue à Mentone pour les rouges ! «  Comment, et pourquoi, êtes-vous passée de l’univers de la « Com » au monde de la vigne,  de  l’atmosphère urbaine à la bulle de silence et de verdure qu’est Château Mentone ? Par amour ? C’est vrai, j’ai eu un coup de cœur… pour ce domaine ! J’avais envie de me poser, de faire  des choses vraies, un besoin de concret; mais j’étais loin d’imaginer à quel  point ce serait un changement de vie. Cela dit, il a y une certaine continuité dans ma démarche : j’ai travaillé quinze ans dans l’évènementiel et finalement le contact que l’on a avec notre clientèle, soit à travers le vin, soit par les chambres d’hôtes, c’est aussi du relationnel. Mentone , c’est un peu l’aboutissement de tout ce que j’ai fait dans ma vie : j’ai la passion des vins et de la table, j’ai toujours  aimé les ambiances du sud et je cultive l’art de vivre à la française. Le vin est, le plus souvent, une affaire de famille; ce qui n’est pas votre cas… Un peu tout de même. Mes parents étant d’origine bourguignonne, nous avons été élevés dans l’univers du vin. Quand j’ai découvert Château Mentone , et que j’en ai parlé à mon père  il  m’a dit: «  c’est génial, on va faire du vin ensemble! » Sans lui, je ne me serais pas lancée. Je le remercie encore tous les jours… Pour autant, vous ne connaissiez pas vraiment le métier. Etes-vous aujourd’hui viticultrice ? Vigneronne ! Non,  je dis plutôt que j’ai repris une propriété viticole ou que je travaille dans le vin. Je suis chef d’entreprise avant tout. Il faut savoir manager des  hommes, des femmes, répondre à des demandes diverses tout au long de la journée. Nous avons un chef de culture et un œnologue, mais j’aime intervenir lors de la vinification. J’exprime mon avis sur les nuances, les couleurs; je donne le tempo! Je suis ravie d’avoir intégré cette profession où j’apprends tous les jours. Le vin est un univers merveilleux avec des professionnels qui ont vraiment beaucoup de mérite et dont on ne parle pas assez en France. On vous sent un peu « remontée » contre cette « loi du silence »… C’est regrettable que l’ensemble des professionnels  du vin  soient considérés en France  comme des terroristes ! En communication on subit un véto, une vraie censure. A cause d’une loi hypocrite, des tas de gens talentueux ne peuvent se faire entendre. En produisant et en consommant du vin, on fait vivre la France. En consommant avec modération, bien sûr… Comme l’a dit  avec humour Pierre Arditi, lors d’une des soirées de gala organisées l’été au domaine :  » Modération? Je ne la connais pas; et je n’aime pas boire avec des gens que je ne connais pas! «  Vous ne manquez pas de caractère! Vos vins vous ressemblent-ils ? Lyonnaise, je suis très fan des côtes du Rhône nord, de la côte-rôtie à l’hermitage… Des vins très chaleureux, avec une certaine corpulence; comme les rouges d’ici, dans  l’arrière-pays varois. Quand j’ai goûté ce qui se fait ici, je me suis dit : «  ça c’est pour moi « .  Je suis  donc venue à Mentone pour les rouges. Mais  Château Mentone  a aussi la particularité de produire un vin blanc assez atypique, un assemblage de clairette et de rolle, qui ne ressemble pas à ce qui se fait ailleurs. Je ne suis pas quelqu’un qui aime forcément faire comme tout le monde. Intégrer un domaine en côtes de Provence pour parler du blanc et du rouge, c’est peut-être ça qui m’a plu finalement! Pourtant, quand on dit Provence, on pense d’abord rosé… Je vais être honnête, le rosé n’est pas ce que je préfère à Mentone ; même si cela fait peut-être plus féminin de parler du rosé. C’est un vin qui a le vent en poupe et se commercialise plus facilement que le blanc et le rouge parce que l’on a des a priori sur les côtes de Provence blancs et rouges. De plus, nos fédérations professionnelles ont choisi de communiquer essentiellement sur les côtes de Provence rosés; c’est pourquoi tout le monde effectivement raisonne en : «  Provence égale rosé « . Ce n’est pas si mal car on bénéficie aussi de cette image. Bien sûr,   nous produisons  du rosé; et dans une proportion nettement supérieure aux deux autres couleurs. Mais les gens qui dégustent nos vins trouvent que les blancs et les rouges reflètent davantage l’expression de Château Mentone . Quand on vient chez nous pour découvrir le rosé, mais que l’on est suffisamment curieux pour se laisser aller vers le blanc ou le rouge, on change souvent d’avis. Alors pour moi, c’est gagné. Affirmatif!

 

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